Meta : Mark Zuckerberg menace-t-il vraiment de fermer Facebook et Instagram en Europe ? Prudence

FAKE OFF Non, le groupe Meta n'envisage pas réellement de fermer ses principaux réseaux sociaux pour protester contre la réglementation numérique en Europe. Il devra toutefois s'y adapter

Lina Fourneau
Mark Zuckerberg n'envisage pas de fermer Fabebook et Instagram en Europe (photo d'illustration)
Mark Zuckerberg n'envisage pas de fermer Fabebook et Instagram en Europe (photo d'illustration) — AFP
  • Les applications Facebook et Instagram vont-elles bientôt fermer en Europe pour protester contre « la loi sur le respect de la vie privée » ? C’est en tout cas l’affirmation qui circule sur Twitter depuis quelques jours.
  • Contactée par 20 Minutes, l’entreprise Meta explique qu’il ne s’agit pas d’une menace de Mark Zuckerberg, mais que d’une incertitude pour l’entreprise exprimée par son dirigeant.
  • Les lois encadrant la protection des données ont évolué en Europe et sont désormais plus strictes que la réglementation américaine.

« Mark Zuckerberg menace de fermer Facebook et Instagram en Europe, pour ne pas avoir à se plier à la loi sur le respect de la vie privée. » Depuis quelques jours et la publication d’un tweet du  compte Mediavenir devenu viral sur Twitter, plusieurs personnes s’inquiètent ou se réjouissent – c’est selon – des dernières déclarations du PDG du groupe Meta.

Mais d’où vient cette affirmation, et est-elle fiable ? On fait le point !

FAKE OFF

Le compte Mediavenir mentionne « City AM » comme source de son information. Il s’agit d’un journal économique gratuit distribué dans la région londonienne. « Mark Zuckerberg et son équipe envisagent de fermer Facebook et Instagram en Europe si Meta ne peut pas traiter les données des Européens sur des serveurs américains », expliquait effectivement le journal  titrait effectivement le journal il y a quelques jours.

Mais dans son article, le média britannique ne fait toutefois aucune référence à une « menace » brandie par Mark Zuckerberg, mais plutôt à la difficulté rencontrée par l’entreprise Meta à se conformer à la nouvelle réglementation européenne en matière de protection de données.

« Nous n’avons aucun projet de nous retirer de l’Europe »

« Nous n’avons absolument aucun désir et aucun projet de nous retirer de l’Europe, mais la simple réalité est que Meta, et de nombreuses autres entreprises, organisations et services, comptent sur les transferts de données entre l’Union européenne et les États-Unis pour exploiter des services mondiaux », précise Meta France à 20 Minutes.

Auparavant, le transfert des données entre les deux continents était régulé par le Privacy Shield. Face aux critiques nombreuses sur cet accord, le cadre légal a été modifié en juillet 2020 et le texte remplacé par des  Clauses contractuelles types (CCT), qui créent des règles plus strictes pour le transfert des données. Pour de nombreuses entreprises internationales comme Meta, cette nouvelle réglementation rend plus compliqué le stockage de données des utilisateurs européens sur des serveurs américains.

La fin des activités pour Meta ?

« Les entreprises ont besoin de règles mondiales claires pour protéger les flux de données transatlantiques à long terme, plaide Meta France aurpès de 20 Minutes. Et comme plus de 70 autres entreprises dans un large éventail de secteurs, nous surveillons de près l’impact potentiel sur nos opérations européennes au fur et à mesure que ces développements progressent. »

Entre les États-Unis et l’Europe, des discussions sont donc en cours pour structurer le nouveau cadre légal pour les données personnelles. Des évolutions qui pourraient avoir des conséquences concrètes sur les activités de Meta en Europe.

Dans son dernier rapport annuel remis à la Securities and Exchange Commission (SEC) – l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers –, l’entreprise Meta avait affirmé : « Si nous ne sommes pas en mesure de transférer des données entre et parmi les pays et régions dans lesquels nous opérons, ou si nous sommes limités dans le partage de données entre nos produits et services, cela pourrait affecter notre capacité à fournir nos services, la manière dont nous fournissons nos services ou notre capacité à cibler les publicités, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur nos résultats financiers. »