VKontakte : Le Kremlin a pris le contrôle du « Facebook russe » qui compte 100 millions d’abonnés

RUSSIE Le Kremlin est parvenu à s’emparer du réseau social en le faisant racheter par des entreprises d’État

David Manfredini pour 20 Minutes
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Le ?Facebook russe? VKontakte passe aux mains du Kremlin
Le ?Facebook russe? VKontakte passe aux mains du Kremlin — Geeko

Très populaire dans les pays russophones, VKontakte, anciennement Mail.ru, est un réseau social qui compte près de 100 millions d’abonnés, majoritairement russes. Fondée en 2006 par Pavel Durov, le concepteur de la messagerie sécurisée Telegram, ce réseau luttait depuis toujours pour conserver son indépendance. Il appartient désormais au Kremlin qui peut contrôler la majeure partie de ses décisions.

L’indépendance en question

Déjà en 2011, VKontakte avait dû publier dans la presse une lettre ouverte intitulée « VKontakte restera indépendant » pour rassurer ses utilisateurs, après l’arrivée de nouveaux actionnaires particulièrement favorable aux demandes du Kremlin. Un an plus tard, les services de renseignement demandaient au site de bloquer les comptes de l’opposant  Alexeï Navalny. À l’époque, le réseau était le principal lieu d’expression de l’opposition des militants et des organisations.

En 2013, le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie avait exigé l’accès aux comptes de militants ukrainiens engagés dans des manifestations pro-européennes sur la place Maidan à Kiev. Pavel Durov avait ensuite quitté le pays en 2014, pour ne jamais y revenir. Il a acquis la nationalité française en août dernier.

Les sociétés Sogaz, Gazprom et Gazprombank ont été utilisées par le Kremlin pour atteindre le réseau social. La liquidation de la part du milliardaire russe Alisher Ousmanov, qui contrôlait une partie importante de la société mère de VKontakte, a complètement changé le centre de gravité du groupe. En parallèle, Gazprombank, une banque privée russe contrôlée par l’entreprise Gazprom, a porté sa participation dans le groupe de 36 % à 45 %, avant de confier vendredi ses parts à Gazprom-Media, la branche médiatique de la maison-mère.

La transaction n’a pas une grande valeur économique puisque les deux sociétés Gazprom recevront moins de 5 % des bénéfices. Il s’agit avant tout d’en faire un instrument d’influence.