AlloCiné, AuFéminin, Jeuxvideo.com... Pourquoi certains sites français gratuits sont-ils devenus payants ?

REGLEMENTATION De nombreux sites grand public conditionnent désormais l’accès à leurs contenus à l’acceptation de cookies, ces petits traceurs qui permettent de suivre nos comportements sur le Web pour nous envoyer de la publicité ciblée

H. B.

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Depuis quelques jours, des sites grand public conditionnent l’accès à leurs contenus à l'acceptation de cookies.
Depuis quelques jours, des sites grand public conditionnent l’accès à leurs contenus à l'acceptation de cookies. — Capture d'écran AuFéminin

Vous l’avez peut-être remarqué, certains sites habituellement gratuits vous proposent depuis quelques jours de payer pour accéder à leurs contenus. Regarder une bande-annonce sur AlloCiné, consulter une recette de cuisine sur Marmiton, des astuces beauté sur AuFéminin ou bien encore échanger sur l’un des forums de Jeuxvidéos.com... Tout cela a désormais un coût.

De nombreux sites grand public conditionnent en effet depuis la semaine dernière l’accès à leurs contenus à l’acceptation de cookies, ces petits traceurs qui permettent de suivre nos comportements sur le Web pour nous envoyer de la publicité​ ciblée.

Des cookies… ou des euros

« Exprimez vos choix. Accéder au site pour 2 euros TTC pendant un mois sans cookie publicitaire ou accéder au site gratuitement en acceptant les cookies », peut-on désormais lire quand on arrive sur le site AlloCiné. Le dilemme est le même sur les autres sites du groupe Webedia parmi lesquels Jeuxvideo.com, la plateforme Overblog, Pure People ou le site de recettes 750g.

Même type de message également sur Marmiton, ou le site AuFéminin : « Vous avez choisi de refuser les cookies, notamment ceux concernant la publicité personnalisée et la mesure d’audience. En l’absence de revenus publicitaires, l’accès aux contenus est payant », est-il indiqué aux utilisateurs.

Une pratique légale ?

Ce changement est la conséquence d’une nouvelle réglementation sur la protection des données personnelles (RGPD), mise en place par la Commission nationale informatique et liberté (Cnil). Depuis le 1er avril, les sites français sont contraints d’afficher un bouton bien visible qui permet aux internautes de refuser ces cookies, faute de quoi ils s’exposent à une amende. La France est « parmi les premiers en Europe à fixer un cadre très clair », s’est ainsi félicitée Marie-Laure Denis, la présidente de la Cnil.

La publicité non ciblée rapporte environ deux fois moins que la publicité ciblée, expliquent aujourd’hui la plupart des professionnels. C’est la raison pour laquelle certains sites ont mis en place ces abonnements payants afin de tenter de compenser le manque à gagner. Mais sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont déploré cette pratique, s’interrogeant même sur la légalité du procédé.

La Cnil a estimé que ce choix, demandé  aux internautes, n’était pas respectueux du RGPD, et a tenté de faire interdire cette pratique, mais elle a été retoquée par le Conseil d’État en juin dernier. Le procédé est donc tout à fait légal. L’organisme a toutefois précisé qu’il resterait très attentif à la mise en place d’alternatives satisfaisantes au refus des traceurs publicitaires, promettant d’examiner les situations au cas par cas. Le nombre de sites grand public proposant un accès payant sans cookies pourrait en tout cas, dans les prochains jours, se multiplier…