Le difficile retour en ligne du réseau social Parler sans les Gafa

WEB Lâché par Amazon, Google et Apple après l'attaque du Capitole de Washington, le réseau social alternatif a fait son retour en ligne, lundi

P.B.

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Le logo du réseau social Parler (illustration).
Le logo du réseau social Parler (illustration). — Jaap Arriens/Sipa USA/SIPA

Parler sort de son purgatoire. Plus d’un mois après avoir été mis hors service par les géants du Web, le réseau social très prisé des partisans de Donald Trump et de l’extrême droite est partiellement disponible depuis lundi grâce à de nouveaux partenaires. Reste à voir quelle approche la nouvelle équipe adoptera sur la modération après le limogeage de son patron John Matze.

Tous les services sont loin d’être opérationnels. Seuls ceux qui possédaient déjà un compte peuvent s’y connecter (les nouveaux utilisateurs devraient être acceptés la semaine prochaine) et tous les anciens messages ont disparu. On ignore s’il s’agit d’une décision volontaire, pour éviter de devoir modérer des contenus polémiques, alors que des certains utilisateurs s’étaient mobilisés sur le réseau social avant l’assaut contre le Capitole. Il est également possible que l’entreprise ait été prise de court par la rupture brutale du contrat d’hébergement par Amazon Web Services.

Petit hébergeur californien

Parler (prononcé comme « parlor » en V.O., phonétiquement [parleur]) a trouvé refuge chez le petit hébergeur californien SkySilk. Ce dernier a expliqué « ne pas cautionner la haine » et « être en désaccord » avec certaines opinions véhiculées sur Parler mais mais vouloir « défendre la liberté d’expression ».

https://twitter.com/SkySilkCloud/status/1361454330864263168

Parler emploie désormais Epik comme gestionnaire de nom de domaine, un service qui permet de lier une adresse IP numérique à une adresse comme parler.com. Epik est également utilisé par Gab, le clone conservateur de Facebook.

Financé par la famille Mercer

« Parler a été créé pour offrir un réseau social qui protège la liberté d’expression tout en mettant en valeur le respect de la vie privée et les échanges d’idées », a assuré dans un communiqué Mark Meckler, directeur général par intérim de Parler et porte-parole du groupe Tea Party Patriots. Il a été nommé par Rebekah Mercer, l’héritière d’une riche et influente famille conservatrice proche de Steve Bannon, qui avait notamment investi dans Cambridge Analytica.

Début janvier, Parler revendiquait 15 millions d’utilisateurs, dont font notamment partie les stars de Fox News Sean Hannity et Tucker Carlson ou la gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem. Le principal obstacle à sa croissance reste son blocage par Google et Apple de leur app store, une décision prise pour violations à répétition de leur charte sur les contenus violents. Les deux entreprises pourraient être amenées à revoir leur décision mais avaient indiqué que Parler devant auparavant mettre en place une vraie politique de modération.