Algérie : Un militant du Hirak condamné à six mois de prison pour avoir publié des mèmes sur Facebook

RESEAUX SOCIAUX Il lui était reproché d’avoir publié des images détournées de façon humoristique sur les réseaux sociaux touchant aux autorités, notamment au président Tebboune et à la religion

H. B. avec AFP

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Manifestation contre le gouvernement à Alger, le 30 août 2019.
Manifestation contre le gouvernement à Alger, le 30 août 2019. — TOUFIK DOUDOU/AP/SIPA

La répression s’intensifie en Algérie. Walid Kechida, un jeune militant algérien poursuivi pour avoir publié des « mèmes » moquant les autorités et la religion sur Facebook a été condamné dimanche en appel à un an de prison, dont six mois avec sursis.

Militant connu de la jeunesse algérienne, partisan du « Hirak », le mouvement de contestation populaire né en février 2019, Walid Kechida était poursuivi pour « offense au président (Abdelmadjid Tebboune) », « aux préceptes de l’islam » et « outrage à corps constitué ».

Des images détournées diffusées sur le groupe Facebook « Hirak Memes »

Il lui était reproché d’avoir publié des mèmes – images détournées de façon humoristique sur les réseaux sociaux- touchant aux autorités, notamment au président Tebboune et à la religion. Ces illustrations virales étaient diffusées sur le groupe Facebook « Hirak Memes », dont Walid Kechida était l’administrateur.

« On s’attendait à une relaxe car Walid Kechida n’a rien fait qui mérite la prison », a déclaré Fouad Betka, membre de son comité de défense. Mais « il a été condamné à un an de prison dont 6 mois ferme et 6 mois de sursis, et à une amende de 30.000 dinars (180 euros). » Une information confirmée par le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association qui vient en aide aux prisonniers d’opinion en Algérie.

Walid Kechida, 25 ans, va pouvoir quitter la prison ce dimanche. Il était en détention depuis le 27 avril 2020. « Il quitte la prison aujourd’hui après 9 mois de détention et une condamnation sur fond d’un dossier vide et des poursuites infondées », s’est félicité sur Twitter le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH), Saïd Salhi.

Encore 80 personnes emprisonnées, en majorité pour des critiques sur les réseaux sociaux

Amnesty International et la LADDH ont demandé la libération du militant de Sétif, dont le cas est devenu emblématique des restrictions des libertés en Algérie, notamment sur Internet, et l’abandon de toutes les charges retenues contre lui.

Selon le Comité national de libération des détenus, quelque 80 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du « Hirak » et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90 % des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.