« Choquant », « scandaleux »… La dérogation accordée au Puy du Fou pour accueillir 9.000 spectateurs fait polémique

RESEAUX SOCIAUX Le parc d’attractions Puy du Fou, situé en Vendée, a eu l’autorisation d’accueillir jusqu’à 9.000 spectateurs lors de son spectacle de samedi, l’Elysée assure au « JDD » ne pas être intervenu

H. B.
— 
La Cinéscénie du Puy du Fou.
La Cinéscénie du Puy du Fou. — Puy du Fou

La jauge de 5.000 personnes a largement été dépassée au Puy du Fou. Le parc d’attractions, situé en Vendée, a eu l’autorisation d’accueillir ce samedi 15 août jusqu’à 9.000 spectateurs lors de son spectacle nocturne de la Cinéscénie. Un arrêté préfectoral, donnant cette dérogation au Puy du Fou, a été pris le 10 août dernier.

En pleine crise sanitaire, et alors que le gouvernement vient d’annoncer que l’interdiction des événements de plus de 5.000 personnes était prolongée jusqu’au 30 octobre, cette dérogation fait grincer des dents…

« Passe-droit », « grande confusion »…

Plusieurs élus, et de nombreux internautes, n’ont pas du tout apprécié cette dérogation et l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’internautes se sont dits « choqués » et « scandalisés » par une telle décision, prise dans un contexte d’augmentation des cas de Covid-19  ces derniers jours en France.

Certains ont fustigé un « passe-droit », pointant du doigt les liens entre Emmanuel Macron et Philippe de Villiers, créateur du parc. « Le #puydufou de la famille de Villiers est autorisé par le préfet à accueillir 9.000 spectateurs demain. Le copinage, le #2poids2mesures en permanence, c’est épuisant », a notamment tweeté une internaute.

D’autres ont pointé la différence de traitement concernant les stades de foot, qui ont rouvert sous conditions.

De nombreux élus de gauche, écologistes, socialistes et communistes, ont également déploré cette dérogation accordée au Puy du Fou. « Il y a les incitations générales à la distanciation physique (prenons soin de nous !)… et il y a les dérogations pour les amis du Président. Macron avait avancé la réouverture du #Puydufou, là ils l’autorisent à créer des clusters #coronavirus », a tweeté Julien Bayou, secrétaire national d’EELV.

« Donc à partir du 15 août, le gouvernement interdit les évènements de plus de 5000 personnes. Ce même 15 août pourtant, le #puydufou pourra, sur dérogation, accueillir 9.000 personnes ! Notre santé vaut bien plus qu’un passe-droit pour l’ami du président ! », a également écrit sur Twitter David Belliard, maire adjoint EELV de Paris.

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a quant à lui relevé une « grande confusion ». Le sénateur socialiste Rachid Temal ou encore l’eurodéputée Place Publique Aurore Lalucq ont également pris la parole ce samedi pour fustiger cette décision.

L’Elysée assure ne pas être intervenu

Cette dérogation controversée a été accordée le 10 août par la préfecture de Vendée. « Les campagnes de dépistage montrent que le niveau de vulnérabilité est très limité », a-t-elle notamment justifié dans un communiqué.

Face aux accusations de « passe-droit » et de « copinage », la présidence de la République a affirmé qu’il n’y avait « eu aucune intervention de l’Elysée » pour outrepasser le seuil des 5.000 personnes, selon le JDD. Un proche du Président aurait même laissé entendre que le chef de l’Etat aurait été « surpris » par la décision préfectorale et aurait « appelé à la vigilance et à l’équité » dans le contexte du Covid-19.

Le Puy du Fou, situé aux Epesses (Vendée), avait déjà créé la polémique en juillet dernier en obtenant une dérogation lui permettant d’accueillir pour un même spectacle 12.000 personnes, réparties en trois tribunes de 4.000 spectateurs, séparées par des parois en plexiglas. Le parc était repassé sous la barre des 5.000 spectateurs accueillis, suite à la diffusion d’un reportage de France Télévision sur le sujet, le 25 juillet dernier.