Elections américaines : Facebook et Twitter sont toujours victimes d’opérations de désinformation politique

RESEAUX SOCIAUX Ce vendredi, les deux réseaux sociaux ont annoncé avoir démantelé plusieurs opérations de manipulation d’opinion notamment en faveur de Donald Trump, une urgence à quelques mois des présidentielles américaines

M.F

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Les réseaux sociaux n'en ont pas fini avec les campagnes de désinformation politique
Les réseaux sociaux n'en ont pas fini avec les campagnes de désinformation politique — Glenn CHAPMAN / AFP

Des milliers de comptes fermés sur Facebook, Twitter et Instagram. Ce vendredi, Facebook  et Twitter ont presque simultanément annoncé avoir démantelé diverses opérations de désinformation politique opérant sur leurs plateformes. Des raids numériques menés dans divers pays et ayant pour objectif d’influencer et manipuler l’opinion politique. Une grande partie d’entre eux étaient en faveur de Donald Trump et du gouvernement saoudien.

En 2016, Facebook avait été largement critiqué pour ne pas avoir bloqué des campagnes de désinformation majeures lors des élections américaines. Plus récemment, le refus de Mark Zuckerberg de supprimer sur son réseau les publicités politiques, même mensongères, au nom de la liberté d’expression, avait inquiété quant à la capacité de Facebook à nuire aux processus démocratiques. Ces deux démantèlements témoignent du combat mené par les géants du Web contre ces opérations de manipulation, mais aussi leur actuelle présence à quelques mois des élections présidentielles américaines.

88.000 comptes impliqués

Suite a une enquête menée depuis 2018, Twitter a assuré avoir suspendu plus de 88.000 comptes impliqués dans une opération de propagande orchestrée par l’Arabie saoudite. La plupart des profils servaient de caisses de résonance « aux messages en faveur des autorités saoudiennes », précise le réseau. Si la majorité d’entre eux étaient en arabes, une partie était aussi en anglais afin de toucher un plus large public. Par ailleurs, certains contenus partagés en 2016 apparaissaient soutenir Donald Trump quand il était candidat et juste après son élection.

Le réseau a assuré que si la plupart des profils arabes servaient de caisses de résonance « aux messages en faveur des autorités saoudiennes », une partie était aussi en anglais afin de toucher un plus large public. Beaucoup utilisaient des outils automatisés pour faire circuler des messages non politiques, comme des annonces importantes en cas de crise, ce qui est tout à fait autorisé par la plateforme. Sauf que ces derniers s’en servaient également pour diffuser des tweets politiques.

Des messages en faveur de Donald Trump

Quant à l’entreprise de Mark Zuckerberg, elle a déclaré avoir fermé plus de 600 comptes sur Facebook et Instagram. Ils étaient impliqués dans deux opérations séparées de manipulation de l’opinion. La première était pilotée depuis le Vietnam et les Etats-Unis et ciblait les Américains avec des messages en faveur de Donald Trump.

Les personnes impliquées dans cette opération « avaient largement recours à des faux profils – dont beaucoup avaient été automatiquement bloqués par nos systèmes – pour gérer leurs pages et groupes, poster de façon automatisée à très haute fréquence et rediriger des utilisateurs vers d’autres sites », a détaillé Nathaniel Gleicher, responsable de la cybersécurité chez Facebook. Certains avaient même généré des photos grâce à des technologies d’intelligence artificielle, pour se faire passer pour des Américains.

La seconde opération était menée depuis la Géorgie et ciblait des habitants de ce pays du Caucase, secoué ces dernières semaines par une profonde crise politique.

Les campagnes de propagande ont doublé

En septembre, un rapport du Oxford Internet Institute  a établi que le nombre de campagnes avait doublé en deux ans, et qu’elles provenaient aussi bien de gouvernements démocratiques qu’autoritaires.

Au mois d’octobre dernier déjà, Facebook avait annoncé avoir bloqué quatre opérations de manipulation de l’opinion, menées par des groupes qui se faisaient passer pour des utilisateurs et étaient soutenus par l’Iran et la Russie, ainsi qu’une opération de désinformation menée à partir de la Russie dans plusieurs pays d’Afrique.