Twitter suspend des comptes en Iran à cause de la répression des bahaïs, une minorité religieuse

RESEAUX SOCIAUX L’Iran cible les fidèles de la foi bahaïe qu’elle considère comme des hérétiques et des «espions» liés à Israël

H. B. avec AFP

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L'application Twitter sur l'écran d'un téléphone (image d'illustration).
L'application Twitter sur l'écran d'un téléphone (image d'illustration). — DIPTENDU DUTTA / AFP

Twitter a annoncé avoir suspendu les comptes de plusieurs médias d’Etat iraniens en raison des persécutions de la minorité religieuse bahaïe. Un message en anglais – «  Compte suspendu. Twitter suspend les comptes qui violent ses règles » – barre depuis vendredi les pages de l’agence de presse officielle Irna, du Club des jeunes journalistes et de deux comptes de l’agence de presse Mehr, proche des conservateurs modérés. Le commentateur Ali Akbar Raefipoor a également été visé.

Un responsable de Twitter a justifié ces suspensions par le harcèlement coordonné et ciblé de membres de la communauté bahaïe mené par ces organes.

Twitter, toujours officiellement interdit en Iran

Les tensions dans la région, qui ont atteint un nouveau pic vendredi avec la saisie d’un pétrolier britannique par la République islamique, avaient alimenté les spéculations sur les motifs du géant californien. L’agence Mehr pensait ainsi avoir été sanctionnée après un article sur l’arraisonnement du tanker Setna Impero dans le détroit d’Ormuz.

Le réseau social est officiellement interdit en Iran, comme Facebook, mais de nombreux responsables détiennent des comptes et les Iraniens peuvent y accéder en utilisant des « réseaux privés virtuels » ou VPN qui dissimulent leur localisation.

Les bahaïs, des hérétiques et des « espions » liés à Israël pour l’Iran

La République islamique d’Iran accorde la liberté de culte à certaines minorités mais cible les fidèles de la foi bahaïe qu’elle considère comme des hérétiques et des « espions » liés à Israël​, car leur siège mondial historique est à Haïfa.

Les bahaïs croient en l’unité des religions et en l’égalité entre hommes et femmes. Ils seraient sept millions dans le monde, dont 300.000 en Iran où ils n’ont notamment pas accès aux études supérieures ni à des postes au sein du gouvernement.