Mohammad Javad Zarif, le 13 mai 2018 en Chine.
Mohammad Javad Zarif, le 13 mai 2018 en Chine. — THOMAS PETER / POOL / AFP

DIPLOMATWEET

L'Iran trolle Donald Trump sur Twitter

Téhéran a réagi après les menaces du président américain...

Téhéran trolle Washington. Après le tweet menaçant publié par Donald Trump en majuscules, dimanche soir, l’Iran a répondu par son ministre des affaires étrangères, Javad Zarif, lundi. Evidemment, sur Twitter, et en criant.

« NOUS NE SOMMES PAS IMPRESSIONNES : le monde a entendu de telles menaces en l’air il y a quelques mois. Et les Iraniens les ont entendues – en version plus civile – pendant 40 ans. Nous sommes là depuis des millénaires et nous avons vu des empires s’effondrer – y compris le nôtre, qui a duré plus longtemps que certains pays n’existent. FAITES ATTENTION », prévient Zarif.

Le chef de la diplomatie iranienne semble faire référence aux insultes et aux menaces adressées par Donald Trump à Kim Jong-un, qui ont été suivies d’un réchauffement aussi brutal qu’inattendu.

Tweet nocturne

« NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT. NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION ! », avait tweeté Donald Trump dimanche soir. Il répondait au président iranien Hassan Rouhani, qui avait prévenu les Etats-Unis de ne pas « tirer la queue du lion », assurant qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

Le président iranien a en outre de nouveau averti que l’Iran pourrait fermer le détroit stratégique d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe jusqu’à 30 % du pétrole mondial transitant par voie maritime. Une menace qui a poussé le centre de réflexion International Crisis Group à relever le niveau de menace sur ce passage stratégique à « sévère ». Les tensions entre Washington et Téhéran ont été ravivées par la décision de Donald Trump de quitter l’accord international sur le nucléaire iranien, en mai dernier.

Nombre d’observateurs voyaient d’abord lundi dans la virulente sortie du président une volonté de faire diversion alors qu’il traverse une passe difficile après ses propos particulièrement conciliants à l’égard de son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki. « Frustré par l’absence de progrès avec la Corée du Nord, en colère à cause des réactions négatives après Helsinki, Trump essaye d’évacuer, de faire le dur et de changer de sujet », a réagi Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans plusieurs administrations démocrates comme républicaines.