VIDEO. Les images de l’évacuation violente de militants pacifistes pour le climat à Paris suscitent l’indignation

MANIFESTATION Les manifestants du mouvement Extinction Rebellion, un mouvement qui prône la désobéissance civile, ont été aspergés de gaz lacrymogènes par des CRS

H. B.

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Les manifestants du mouvement Extinction Rebellion ont été aspergés de gaz lacrymogènes par des CRS.
Les manifestants du mouvement Extinction Rebellion ont été aspergés de gaz lacrymogènes par des CRS. — Vincent Loison

L’action, qui se voulait pacifiste, s’est terminée à coups de gaz lacrymogène. Des militants écologistes d’Extinction Rebellion ont violemment été évacués par des CRS lors d’un rassemblement pour le climat qui avait lieu ce vendredi sur le pont de Sully à Paris. Ils étaient venus bloquer cet axe de circulation, qui relie les 4e et 5e arrondissements de Paris, afin de presser le gouvernement d’agir en faveur du climat, alors que la France traverse un épisode de chaleur sans précédent.

La scène a été filmée par plusieurs journalistes sur place, et les images partagées des milliers de fois sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation de nombreux internautes, jusqu’à l’autre bout du monde.

Du gaz lacrymogène « à bout portant »

Sur les images, on aperçoit plusieurs dizaines de militants, assis en tailleur par terre, à l’une des extrémités du pont de Sully, en plein cœur de la capitale. « Les forces de l’ordre sont arrivées vers 13h et après 10 ou 15 minutes plutôt calmes, les CRS ont commencé à évacuer les bloqueurs assis en première ligne », a raconté samedi soir à l’AFP l’une des militantes.

« On dansait, on chantait, il y avait des familles, des gens qui avaient fait à manger… Puis tout a été très vite, la police est arrivée, et ça a été violent dès le départ, ils ont gazé vite sans dialogue. On pensait qu’on aurait le temps de discuter, de négocier, mais non, ça a été très répressif », raconte au Monde Ingrid, militante d’Extinction Rebellion, mouvement qui prône la désobéissance civile non violente pour lutter contre le dérèglement climatique.

Sur les images tournées sur place, notamment par le journaliste indépendant Clément Lanot, on peut voir les CRS utiliser des bombes lacrymogènes à bout portant, directement sur le visage des militants assis par terre. Ces derniers se contentent de crier « Non violent » ou « Policiers, doucement, on fait ça pour nos enfants ».

« Ça ne se passe pas dans une dictature, ça se passe en France »

De nombreuses personnalités ont réagi à ces images. « Quelle réponse le gouvernement a face au changement climatique ? Le ministre en titre conseille d’enlever sa cravate… La police utilise du gaz lacrymogène contre des manifestant•es pour le climat », a écrit sur Twitter David Cormand, le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts (EELV).

« France 2019 allégorie : 44,3 degrés, record absolu de température battu, en juin ! mais pendant ce temps les militants pour le climat sont maltraités, sur les passoires énergétiques c’est "on verra en… 2023" et le Président fanfaronne au G20… », a de son côté tweeté Cécile Duflot.

« Ça ne se passe pas dans une dictature, ça se passe en France », a également tweeté Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.

Le réalisateur et militant écologiste, Cyril Dion, a de son côté indiqué samedi qu’il refusait sa promotion dans l’ordre du Mérite, en raison de ces « violences » commises par les forces de l’ordre. « Comment accepter d’être décoré par un gouvernement qui fait usage d’une telle violence à l’encontre d’une partie de sa population ? », a écrit le réalisateur du documentaire Demain dans un message posté sur Facebook.