Lille : « Extinction Rebellion », un groupe d’activistes écologistes prônant la désobéissance civile

ENVIRONNEMENT Non violents mais très motivés, les membres d’Extinction Rebellion Lille prônent la désobéissance civile écologiste

Mikael Libert

— 

Des militants d'Extinction Rébellion lors d'une manifestation pour le climat (illustration).
Des militants d'Extinction Rébellion lors d'une manifestation pour le climat (illustration). — Jacques Witt/SIPA
  • Le mouvement « Extinction Rebellion » (XR) a désormais un groupe Lillois.
  • Ses membres prônent la désobéissance civile écologiste et non-violente.
  • Ils organisent leur seconde action à Lille, mardi, contre le nucléaire.

Lucides mais loin d’être résignés. Il y a quelques mois, une poignée de Lillois a décidé de créer le groupe Extinction Rébellion (XR) Lille. Emanation informelle d’un mouvement né en octobre 2018 au Royaume-Uni dont le but est de limiter le réchauffement climatique en utilisant l’action directe et non violente. Si le noyau dur ne compte guère plus d’une dizaine de personnes, le nombre de membres va croissant. 20 Minutes en a contacté deux.

« Je crois en l’action citoyenne »

A 19 ans, Louise, une étudiante Lilloise, n’a pas un long passé de militantisme derrière elle. « J’ai une conscience écologiste, c’est d’ailleurs lors d’une manifestation pour le climat que j’ai rencontré un membre de XR », explique la jeune femme. Outre son adhésion aux principes de base du mouvement, ce qui a fini de la convaincre, c’est la façon d’agir : « Je ne pense pas que l’on puisse compter sur les politiques pour faire bouger les lignes. Pour cela, je crois davantage en l’action citoyenne », assure-t-elle.

Les revendications de XR gravitent dans le domaine de l’écologie : l’urgence climatique, le zéro carbone, l’arrêt de la destruction des écosystèmes… Et pour y parvenir, les membres du groupe misent notamment sur la désobéissance civile : « Il s’agit de faire ce que nous croyons juste, quitte à tomber dans l’illégalité, mais en restant dans la bienveillance et la non-violence », plaide Louise.

« Si l’humain se coupe du vivant, il court à sa perte »

« La dépénalisation de l’avortement, cela part d’action de désobéissance civile », note celui qui se fait appeler HoneyBadger (Ratel), une sorte de balireau réputé comme étant l’animal le moins craintif du monde. A 28 ans, cet enseignant dans le privé signe là son premier engagement militant : « le vote n’est plus la bonne solution. Je crois en l’action qui a valeur d’exemple. Montrer des personnes qui agissent peut pousser les gens à s’engager », assure-t-il.

Pour lui, ce groupe a le mérite de se focaliser sur une chose essentielle : parler du vivant. « Si l’humain se coupe du vivant, animal ou végétal, il court à sa perte », martèle HoneyBadger. Et s’il rejoint sur certains points les antispécistes, il n’en cautionne pas forcément les actes : « Ma ligne rouge, c’est l’atteinte exagérée aux biens et l’atteinte aux personnes », insiste-t-il.

L’autre côté séduisant pour les deux militants, c’est la diversité des personnes et des points de vue. « Par conviction, je ne participerai pas à l’action anti nucléaire de mardi soir. Je l’ai dit ouvertement et personne ne me stigmatise pour autant », assure le prof. « Nous ne sommes pas sectaires », promet Louise qui reconnaît avoir déjà défilé avec les « gilets jaunes ». Pour preuve de l’éclectisme de XR, le groupe a participé aux manifs pour le climat, aux actions pour le transport public gratuit, ou a des sorties anti-pub.