Payer ses achats avec Google Pay est possible dès ce mardi (mais pas pour tout le monde)

SMARTPHONES Trois ans après son lancement aux Etats-Unis, Google Pay a été lancé en France ce mardi. Pour payer sans contact ou en ligne, quelques conditions restent à remplir…

Christophe Séfrin

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Le système de paiement Google Pay disponible en France le 11 décembre 2018.
Le système de paiement Google Pay disponible en France le 11 décembre 2018. — CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES
  • Le système de paiement Google Pay a été lancé en France ce mardi.
  • Sans contact depuis un smartphone ou une montre Android ou en ligne, Google Pay se veut simple et rapide.
  • Pour l’heure, seules quelques banques, magasins et sites marchands sont compatibles.

Money. Google a lancé Google Pay, son système de paiement mobile, ce mardi en France. « Simplicité, sérénité et rapidité sont les maîtres mots de Google Pay », explique Mounir Mouawad, responsable stratégie auprès de cela firme de Mountain View. Dans les magasins physiques, on peut désormais régler ses achats sur n’importe quel terminal de paiement NFC (sans contact) depuis son smartphone. Pas besoin d’ouvrir une application : pour toute dépense de moins de 30 euros, le paiement avec Google Pay est immédiat. Au-dessus de 30 euros, il est nécessaire de déverrouiller son terminal à l’aide d’un mot de passe ou d’une empreinte digitale. Idem pour les paiements en ligne. Il suffit de cliquer sur un bouton virtuel « G Pay » pour régler ses achats auprès d’un web marchand proposant ce mode de paiement. Simple comme bonjour ? Oui, à condition de pouvoir utiliser Google Pay.

Google « discute » avec tout le monde

Si l’on veut payer avec Google Pay dans un magasin, il faut avoir téléchargé l’application Google Pay et « rentré » sa ou ses cartes de paiement. Rien de plus normal. Il est aussi nécessaire de régler ses achats avec un smartphone Android (même ancien), ou avec une montre connectée sous Wear OS (le système d’exploitation de Google). Et il est évidemment nécessaire que le commerçant soit partenaire de Google Pay. Ils sont déjà nombreux : H & M, Conforama, Etam, Mr. Bricolage, Relay, Sephora, Oxybul… Par ailleurs, Google Pay n’est pas encore compatible avec toutes les cartes bancaires ou toutes les banques. Mastercard, Visa, boon., Boursorama, Lydia, N26 et Revolut ont déjà dit « oui ». Mais si l’on possède un compte au Crédit Agricole, par exemple, il faudra encore attendre. « On discute avec tout le monde, et contrairement à Apple Pay, les banques peuvent intégrer Google Pay, qui est un système ouvert, à leurs propositions de paiement », assure Mounir Mouawad.

Pour régler ses achats en ligne avec Google Pay, il est là aussi nécessaire que le site marchand soit partenaire de Google Pay et que l’utilisateur ait un compte Google Pay. Etam, Flixbus, Vueling, Ryanair, deliveroo (et prochainement Lacoste, Cherz) font déjà partie de l’aventure. Google Pay veut aussi jouer les portefeuilles virtuels : cartes de fidélité, ou cartes d’embarquement vont pouvoir peu à peu intégrer le système.

Un moyen de paiement en devenir

Bref, comme Apple Pay (qui réclame une identification pour tout achat), Samsung Pay (qui ne permet pas les paiements en ligne), ou comme Garmin Pay ou Fitbit Pay, Google Pay a besoin de temps pour s’installer. Pas facile, dans un univers où les banques sont la plupart du temps frileuses pour déléguer ce type de paiements. Etonnant d’ailleurs que la Caisse d’Epargne ou la Banque Populaire qui adhèrent à Apple Pay, ne soient pas présents au lancement de Google Pay… « C’est une question de temps », rassure-t-on chez Google France.

Reste qu’une page se tourne peu à peu. A l’heure où l’on parle régulièrement de la fin de l’argent liquide ou de celle des chéquiers, les paiements depuis un smartphone vont se répandre. Google veut d’ailleurs mutualiser ses services autour de Google Pay. En étant géolocalisé, tout utilisateur ayant donné son accord pourra recevoir une notification lui indiquant qu’un commerçant Google Pay se situe à proximité.

La firme de Mountain View qui, à travers Google Pay, peut accéder aux dix dernières transactions des usagers, aux lieux et aux montants de leurs achats (et aux quatre derniers chiffres de leur carte bancaire) avoue poursuivre un but : « accéder à des utilisateurs qui vont effectuer plus de transactions ». Tout est dit.