Appels au meurtre, menaces de mort... Des députés montent au créneau pour défendre le YouTubeur Bilal Hassani

CYBERHARCELEMENT Le chanteur et influenceur Bilal Hassani a porté plainte ce vendredi après avoir reçu de nombreuses menaces de mort sur Twitter...

Hakima Bounemoura

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Le chanteur et YouTubeur Bilal Hassani a été harcelé et menacé de mort sur Twitter.
Le chanteur et YouTubeur Bilal Hassani a été harcelé et menacé de mort sur Twitter. — Capture d'écran YouTube
  • Le YouTubeur et chanteur Bilal Hassani a été harcelé et menacé de mort sur Twitter après avoir publié le 13 novembre la vidéo d’un show-case.
  • L’ancien talent de The Voice Kids, qui dénonce « l’inertie » de Twitter, a porté plainte ce vendredi.
  • Deux députés ont également interpellé Twitter France, demandant « au réseau social d’être plus réactif et plus ferme » face au cyberharcèlement.

« Il y a des limites à ne pas dépasser. Ça devient grave ». Le coup de gueule poussé mercredi par le YouTubeur et chanteur Bilal Hassani, harcelé et menacé de mort sur les réseaux sociaux, a reçu un véritable écho. Deux députés ont interpellé jeudi Twitter France, demandant « au réseau social d’être plus réactif et plus ferme » face au cyberharcèlement et aux insultes LGBTphobes.

L’ancien talent de The Voice Kids a dénoncé le 14 novembre dans une vidéo partagée près de 400.000 fois sur YouTube le harcèlement en ligne dont il est victime, et plus particulièrement les tweets reçus après la publication d’une vidéo d’un showcase diffusé le 13 novembre. Le jeune chanteur de 19 ans a reçu une déferlante de messages haineux : « Fallait pas attaquer le Bataclan, mais celui-ci », « Salah Abdeslam, jamais là quand il faut », « Vivement que t’ailles en boîte de nuit à Orlando frérot. Tu verras, c’est le feu » ou encore « En y repensant, le napalm, c’était pas une si mauvaise idée »…

« Cela fait six mois que ça dure, ça a commencé au moment où j’ai changé de look »

« En règle générale, je ne calcule pas les haters et les trolls. Mais là, cette semaine, c’était trop, il y a une véritable déferlante de haine, sur Twitter principalement. Il n’y a pas de mot pour décrire à quel point c’est méchant. S’en prendre à quelqu’un avec cette violence-là, me menacer de mort et salir la mémoire des victimes du Bataclan, en ce jour anniversaire du 13-Novembre, ça a été trop dur, c’est pour ça que j’ai fait cette vidéo », explique à 20 Minutes Bilal Hassani.

Le chanteur et influenceur, suivi par plus de 544.000 personnes sur YouTube, est régulièrement  la cible d’insultes homophobes. « Cela fait six mois que ça dure, ça a commencé au moment où j’ai changé de look. J’ai commencé à porter des perruques, des talons, du make-up, à assumer complètement mon apparence… Et ça n’a pas plus à tout le monde », déclare le YouTubeur. « Ces gens me reprochent tout simplement d’exister, ils disent que je suis un fléau pour l’humanité ».

« Twitter ne fait rien »

Dans la vidéo postée mercredi, Bilal Hassani explique que « Twitter ne fait rien », et invite ses abonnés à interpeller le réseau social. « Depuis que le harcèlement a commencé, j’ai réussi à faire fermer entre cinq et dix comptes Twitter, mais tous ont été recréés quelques minutes plus tard sous un autre nom (…) Les menaces de mort et les messages que j’ai reçus vont à l’encontre de la loi. C’est pour cela que j’ai décidé aujourd’hui de porter plainte », ajoute l’influenceur.

Alertés par plusieurs internautes, Raphaël Gérard, député LREM de Charente-Maritime, et Gabriel Serville, député PS de Guyane, ont adressé jeudi un courrier officiel à la responsable des affaires publiques de Twitter France, faisant part de leurs « inquiétudes suite au déferlement de propos haineux à caractère homophobe et de menaces de mort » adressés au YouTubeur. Les députés dénoncent notamment « les appels au meurtre et les parallèles les plus ignobles avec les attentats du Bataclan ».

« On ne peut pas, sous couvert de la liberté d’expression, laisser dire et écrire n’importe quoi »

« Ces attaques salissent la mémoire des victimes du 13-Novembre, mais surtout tombent sous le coup de la loi. On demande à l’administration de Twitter de faire respecter les règles. On ne peut pas, sous couvert de la liberté d’expression, laisser dire et écrire n’importe quoi », explique à 20 Minutes Gabriel Serville, député PS de Guyane, également co-rapporteur d’un rapport parlementaire sur les LGBTphobies. « Aucune forme de cyberviolence n’est acceptable. On fait aujourd’hui face à une inertie de Twitter qui fait froid dans le dos », ajoute le député socialiste.

Dans leur courrier à Twitter, Raphaël Gérard et Gabriel Serville rappellent que le cas de Bilal Hassani « n’est pas isolé ». Selon eux, les victimes de cyberharcèlement « se retrouvent démunies face à l’inertie » des services de Twitter qui « se cantonnent à la fermeture des comptes utilisés par les cyberharceleurs ». Ils appellent ainsi le réseau social «  à mettre en œuvre une politique plus volontariste et ferme » en matière de « lutte contre le cyberharcèlement et les LGBTphobies en France. »

Contacté par 20 Minutes, Twitter a refusé de s’exprimer sur cette affaire, indiquant que le réseau social « ne commentait pas les comptes individuels pour des raisons de confidentialité et de sécurité ».