Elon Musk affirme vouloir retirer Tesla de la Bourse et sème la pagaille

ECONOMIE Ce serait également la plus grosse opération de retrait de la cote, et pose la question de son financement...

20 Minutes avec AFP

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Elon Musk, le PDG de Tesla. L'Alsace le drague dans l'espoir de voir une usine de cette marque de voitures électriques de luxe s'installer dans la région.
Elon Musk, le PDG de Tesla. L'Alsace le drague dans l'espoir de voir une usine de cette marque de voitures électriques de luxe s'installer dans la région. — Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

« J’envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars par action. Financement assuré. » En un tweet posté à la mi-séance de Wall Street, Elon Musk, l’emblématique fondateur de Tesla, a mis la pagaille sur les marchés. L’information a provoqué la suspension de l’action à Wall Street alors qu’elle s’envolait de plus de 7 %. Elle a repris la cotation un quart d’heure avant la clôture et a terminé sur un bond de près de 11 %.

Peu avant la clôture de la Bourse, Tesla a finalement confirmé qu’Elon Musk voulait bien retirer le constructeur de véhicules électriques de la cote mais a précisé dans un post de blog que la décision finale sera prise au terme d’un vote des actionnaires.

Cette annonce intervient au moment où se multiplient les attaques de spéculateurs, qui parient sur l’effondrement de Tesla, une stratégie financière baptisée « short selling ». Ils font valoir que Tesla aura du mal à honorer le calendrier de production de la Model 3, véhicule censé le transformer en constructeur de masse.

La plus grosse opération de retrait de la Bourse

A 420 dollars par action, Tesla pèserait plus de 71 milliards de dollars et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain. Ce serait également la plus grosse opération de retrait de la cote, ce qui pose la question du financement. Où Elon Musk trouvera-il les fonds ? Utilisera-t-il le LBO (pour « leverage buy out »), un montage financier qui permettrait à un holding créé spécialement pour l’occasion de racheter Tesla en empruntant massivement de l’argent ? Auquel cas il s’agirait de la plus grosse opération de rachat d’entreprise par LBO.

Une série d’informations boursières aussi sensibles distillée par un dirigeant d’entreprise en pleine séance boursière est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est millimétrée pour mettre les investisseurs sur un pied d’égalité. « Je n’ai pas des droits de vote majoritaires actuellement mais je ne m’attends pas à ce qu’un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas mes titres quel que soit le scénario », a expliqué Elon Musk dans un autre tweet, avant d’ajouter qu’il avait le soutien des actionnaires.

« Mon souhait est que tous les actionnaires actuels restent »

« En tant qu’actionnaire de Tesla, j’apprécie que Musk dise que les investisseurs actuels pourraient garder leurs titres s’ils le souhaitaient », a réagi Quint Tatro, du fonds Joule Financial, qualifiant de brillant le projet de retrait de la cote. Pour Matt Swanson, chez Silicon Valley Software Group, « Musk en avait marre de la surveillance constante des marchés, pas surprenant qu’il veuille une pause ». Pour convaincre de potentiels investisseurs réticents, le dirigeant a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l’équité entre investisseurs.

« Mon souhait est que tous les actionnaires actuels restent même si nous ne sommes plus une entreprise cotée, a précisé l’entrepreneur. Je créerais un fonds spécifique pour permettre à chacun de rester avec Tesla, je le fais déjà avec Fidelity Investment pour SpaceX. » Contrairement à une entreprise cotée en Bourse, une société évoluant hors des plateformes financières n’est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.