Après une séance photo gratuite, elle découvre que son visage est utilisé dans le monde entier

AFRIQUE DU SUD Shubnum Khan a recensé plus de 50 publicités et campagnes qui affichent son visage, pour lesquelles elle n'a pas touché un sou...

M.C.

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Une publicité pour la sédation dentaire avec le visage de Shubnum Khan.
Une publicité pour la sédation dentaire avec le visage de Shubnum Khan. — Twitter/@ShubnumKhan

Des publicités pour MacDonald’s en Chine, des affiches pour promouvoir l’immigration au Canada et en Uruguay, des treks au Cambodge, un site de rencontre pour Algériens vivant en France, et bien d’autres. Son nom est très peu connu mais son visage a déjà fait plusieurs fois le tour du monde… à son insu. Shubnum Khan, auteure et artiste sud-africaine installée à Durban, raconte sur son compte Twitter comment une simple séance photo l’a propulsée dans des publicités du monde entier, sans qu’elle touche le moindre centime.

 

« Mon visage est célèbre mais personne ne me connaît vraiment »

C’est en 2012 que la jeune femme a soudainement découvert sa « célébrité », raconte-t-elle à la BBC. Une connaissance au Canada lui dit avoir reconnu son visage dans un journal, illustrant une campagne de promotion pour l’immigration dans le pays. Perplexe, elle se souvient avoir été photographiée deux ans plus tôt avec une centaine d’autres personnes pour un projet appelé « 100 Faces shoot ». Une photo prise par un professionnel en échange d’une séance de pose, croyait-elle. « Je pensais que ce serait pour son portfolio, ou pour un projet artistique » se souvient Shubnum Khan, aujourd’hui âgée de 33 ans.

Elle venait en réalité de donner son accord pour mettre en vente son image dans une bases de données de photos – sans s’en apercevoir. En cherchant sur internet via Google images, elle trouve de multiples versions de sa photo. « J’en ai vu plus de 50 différentes. Mon visage est célèbre mais personne ne me connaît vraiment. » La jeune femme contacte alors le photographe, qui l’informe qu’elle a signé un document indiquant qu’elle renonçait à ses droits pour ce cliché.

« J’ai donné mon visage pour rien »

En plus des publicités sur lesquelles elle apparaît gratuitement, elle découvre ensuite les faux témoignages sous des noms différents illustrés à chaque fois par son visage, sa peau parfois retouchée. « Le plus choquant, c’était ceux pour les cours particuliers ou pour s’occuper d’enfants. Qui était vraiment avec ces gamins ? Quand j’ai demandé au photographe, il m’a dit qu’il avait signé les droits pour la transformation du personnage, y compris le nom. » « C’était malhonnête », dit-elle.

En 2013, elle contacte une nouvelle fois le photographe, qui lui répète qu’elle a donné son accord, mais accepte de retirer la photo de la base de données. Même si la diffusion de son visage cesse, elle continue à apparaître de temps à autre dans des publicités qui avaient déjà acheté les droits. Elle dit avoir décidé de partager son histoire pour mettre les gens en garde et leur éviter des mésaventures similaires. « On pense que ce n’est rien mais c’est signer pour perdre son visage. Je l’ai donné pour rien. »