Tesla blâme le conducteur tué lors d'un crash avec Autopilot activé

AUTOMOBILE Le régulateur américain des transports a décidé d'écarter le constructeur de l'enquête suite à ses déclarations dans les médias...

P.B. avec AFP

— 

Le conducteur d'une Tesla Model X a été tué lors d'un accident sur une autoroute de Mountain View, en Californie, le 27 mars 2018.
Le conducteur d'une Tesla Model X a été tué lors d'un accident sur une autoroute de Mountain View, en Californie, le 27 mars 2018. — KTVU/SIPA/AP

De l’art du communiqué de presse. Jeudi matin, Tesla a annoncé qu’il avait décidé de se retirer de l’enquête sur le crash mortel du 23 mars dernier impliquant l’un de ses SUV pour se réserver le droit de communiquer. Deux heures plus tard, le régulateur des transports américain (NTSB) a mis les choses au clair : c’est lui qui a écarté Tesla car le constructeur multipliait les déclarations avant la fin de l’enquête officielle.

Le 23 mars dernier, Walter Huang, un ingénieur employé chez Apple, était au volant de sa Tesla Model X avec le programme d’assistance à la conduite Autopilot activé quand le véhicule s’est encastré dans un séparateur de voies en béton sur une autoroute de Mountain View, en Californie. Huang a pu être extrait de la voiture par les secours avant qu’un incendie ne la calcine en partie mais il est décédé à l’hôpital.

Le conducteur n’avait pas les mains sur le volant, selon Tesla

« Le conducteur a reçu plusieurs avertissements visuels et un sonore [pour lui rappeler de mettre les mains sur le volant] plus tôt lors de son trajet, et ses mains n’ont pas été détectées sur le volant lors des six secondes précédant la collision. Le conducteur avait 150 mètres de vue dégagée du séparateur de voies et a disposé d’environ cinq secondes [pour réagir], mais le journal du véhicule montre qu’il n'a pris aucune action », affirme Tesla. L’entreprise précise égale que l’atténuateur d’impact, une barrière qui aurait dû absorber une partie de l’énergie du choc, avait été broyé lors d’un accident précédant sans être remplacé.

Cette décision du NTSB survient alors que la famille de la victime a annoncé qu’elle avait engagé un cabinet d’avocats pour «étudier des recours légaux». Selon ses proches, Walter Wang s’était plaint « entre sept et dix fois » à un concessionnaire Tesla que l’Autopilot avait un problème sur ce tronçon. Tesla affirme de son côté que 200 trajets quotidiens sont réalisés par des Tesla avec Autopilot activé sur cette section d’autoroute sans aucun problème.

Troisième enquête pour Tesla aux Etats-Unis

Le NTSB a déjà mené une enquête sur un précédent accident mortel d’une Tesla équipée d’Autopilot survenu en 2016 en Floride. Celle-ci a exonéré le constructeur qui avait toutefois modifié certaines fonctionnalités du système afin de mieux prévenir les utilisateurs de l’approche d’un danger.

Une autre enquête a été ouverte en janvier après un accident à Los Angeles lors duquel un Model S s’est encastré dans un camion de pompier à l’arrêt. Tesla, comme Volvo ou Renault, avertit dans le manuel utilisateur qu’il est « possible que le régulateur de vitesse adaptatif ne détecte pas tous les objets et qu’il ne puisse pas freiner ou décélérer si l’autre véhicule est à l’arrêt ». C’est notamment pour cette raison que le conducteur doivent à tout moment garder les mains sur le volant et se tenir prêt à réagir.