César 2018: Valérie Pécresse accusée de récupération pour avoir applaudi «120 battements par minute»

PINKWASHING Des internautes reprochent à la présidente de la région Ile-de-France un double discours, alors qu’elle a défilé avec la Manif pour tous…

O. P.-V.

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Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la région Ile-de-France.
Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la région Ile-de-France. — UGO AMEZ/SIPA

Six César, dont celui du meilleur film. 120 battements par minute méritait bien des applaudissements lors de la cérémonie de remise des récompenses du cinéma français, vendredi soir à Paris. Présente dans la salle Pleyel, la présidente d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est réjouie sur Twitter du « carton plein » d’un « magnifique film » en partie financé par la région.

Mais son message n’a pas été apprécié par tous les internautes. L’ancienne ministre du Budget a été accusée de « pinkwashing », de récupération de la cause gay. 120 battements par minutes raconte l’histoire de militants d’Act Up au début des années 1990, en pleine épidémie de sida.

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Sur Twitter, plusieurs personnes ont souligné le décalage entre le message du film et les engagements politiques de Valérie Pécresse, notamment auprès de la Manif pour tous, mouvement opposé au mariage entre personnes du même sexe.

En juillet déjà, dans un tribune sur le Huff Post signée par trois anciens présidents d’Act Up Paris, ironiquement intitulée 120 récupérations par minute, les auteurs soulignaient que « Valérie Pécresse a été élue présidente du conseil régional d’Ile-de-France en assumant une alliance avec Sens Commun » et qu’« une fois la rhétorique et la récupération des luttes démontées, Valérie n’est pas si loin des ennemi-e-s de la lutte contre le sida qu’Act Up Paris devait affronter à l’époque où se déroule 120 battements par minute ».

Contactée par L'Obs, l’élue francilienne a indiqué être « personnellement intervenue pour que 120 battements par minute puisse être subventionné par la région », et précise avoir «voté contre le mariage pour tous et défendu l’union civile en 2012», mais n'avoir «jamais appartenu à l’association de la Manif pour tous».