«Guerre», «triche», «complot»... Le procès Waymo (Google) vs Uber a commencé

TECHNOLOGIE La filiale de Google accuse Uber de vol de technologie...

20 Minutes avec AFP

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Une voiture autonome Google Car à Mountain View, en Californie, le 8 janvier 2016.
Une voiture autonome Google Car à Mountain View, en Californie, le 8 janvier 2016. — Noah Berger / AFP

C’est le procès technologique le plus attendu depuis Apple vs Samsung. Les hostilités ont démarré fort lundi dans la bataille opposant Waymo, la filiale de Google, à Uber. Waymo accuse Uber de vol de technologies dans les voitures autonomes et réclame entre un et deux milliards de dollars.

L’ancien patron d’Uber, le sulfureux Travis Kalanick, a même été mis en cause directement dès les premières minutes de l’audience par les avocats de Waymo. Absent lundi, il pourrait témoigner plus tard dans le procès, qui doit durer deux à trois semaines. Travis « a pris la décision de tricher », a insisté l’avocat, extraits d’emails et de SMS à l’appui.

Selon lui, Uber s’est rendu compte qu’il était « incapable de rattraper » son retard dans la conduite autonome alors que Waymo a commencé à travailler dans la conduite autonome en 2009. « Nous croyons en la concurrence loyale » et « une partie de nos technologies nous a été enlevée », a témoigné John Krafcik, le patron de Waymo.

Un ingénieur au cœur de l’affaire

Waymo accuse l’un de ses anciens ingénieurs, Anthony Levandowski – qui n’est pas poursuivi dans ce procès mais dans une autre procédure – d’avoir volé fin 2015 des milliers de documents confidentiels de son employeur portant sur des technologies de conduite autonome, avant de fonder sa propre startup, Otto. Celle-ci a peu après été rachetée par Uber.

« Il n’y a pas de complot ici », cela « n’a aucun sens », a balayé Bill Carmody, qui défend Uber et affirme que ces « soi-disant secrets commerciaux » n’en étaient pas. Citant un email interne à Google, ces documents avaient « si peu de valeur » qu’il avait été envisagé de les retirer de l’infrastructure informatique de Google, a-t-il dit.

L’enjeu est énorme pour les deux entreprises car la voiture autonome est considérée comme l’avenir des transports. Comme beaucoup d’autres, elles investissent énormément dans ces technologies et pour s’assurer les services des meilleurs ingénieurs de la Silicon Valley.