AOL se refait une santé en achetant le réseau social Bebo

HIGH-TECH Le géant du web a sorti 850 millions d'euros en cash pour s'acheter le site anglais...

Vincent Glad

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Capture d'écran de la page d'accueil de Bebo.
Capture d'écran de la page d'accueil de Bebo. — DR

Depuis six mois, le monde du web bruissait de rumeurs évoquant la vente pour un milliard de dollars de l’enfant prodige Bebo, un réseau social d’origine anglaise. Finalement, le géant AOL a mis 850 millions d’euros sur la table pour s’acheter le troisième réseau social mondial.

Pour la firme qui a connu les débuts de l’Internet grand public, c’est un retour sur le devant de la scène après des années de disette. Avant ce rachat, AOL n’avait jamais su s’implanter dans le web 2.0, échouant à transformer son chat AIM en réseau social, se plantant dans la relifting de Netscape à la sauce Digg.

«L’accès à Internet, le business de base d’AOL périclite depuis quelques années, explique à 20minutes.fr Ouriel Ohayon, spécialiste du web 2.0 sur le blog Techcrunch. L’entreprise s’est donc lancée dans une périlleuse entreprise de diversification, dont on comprend maintenant la logique. Après avoir racheté de nombreuses plateformes publicitaires (Tacoda, Quigo, Third Screen Media…), AOL s’offre avec Bebo un réseau grand public pour diffuser ses pubs.»

Une fusion de Bebo avec AIM?

Bebo, peu connu en France, est très bien implanté en Angleterre, en Irlande ou en Nouvelle-Zélande. AOL devrait lui permettre d’accéder au marché américain, afin d’accroître son portefeuille de 40 millions de membres (dont 22 millions actifs, selon le cabinet Comscore). «Bebo est un site à l'apparence modeste, qui n'a pas l'arrogance hégémonique de Facebook. Si AOL utilise bien ses potentialités, cela en fait un excellent outsider», relève Thibaut Thomas, planneur digital et auteur d'un mémoire sur les réseaux sociaux.

Bâti sur le même principe que Facebook ou MySpace, Bebo s’adresse à un public jeune (15-24 ans). «Le plus logique pour AOL serait de fusionner le service avec leur messagerie instantanée AIM. Les réseaux sociaux et les services de chat sont très complémentaires: MySpace a construit sa propre messagerie instantanée tandis qu’il se murmure que Google pourrait lancer un réseau social construit notamment autour de GTalk, le chat maison», explique Ouriel Ohayon.

«Le rachat d'AOL intervient au moment où Facebook est critiqué de toutes parts, par exemple par le blogueur influent Fred Cavazza. Cela montre que les financiers sont prêt à payer cher pour un réseau social malgré les mauvaises ondes du moment», en conclut Thibaut Thomas.