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A quoi sert le forum mondial contre le terrorisme ouvert à San Francisco?

A quoi sert le 1er forum mondial contre le terrorisme organisé par les géants du Web qui s’est ouvert à San Francisco?

CYBERSÉCURITÉMardi 1er août, le tout premier forum mondial contre le terrorisme lancé par des géants du Web s'est ouvert aux Etats-Unis...
Hélène Sergent

H.S.

L'essentiel

  • Le 26 juin dernier, Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube (Google/Alphabet) ont annoncé la création d’un forum dédié au contre-terrorisme
  • La ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, s’est rendue à ce nouveau rendez-vous ouvert mardi 1er août à San Francisco

Comment engager les entreprises de la Silicon Valley dans la lutte contre le terrorisme ? Depuis la vague d’attentats amorcée en janvier 2015 en France, cette question préoccupe les gouvernements des états visés ces dernières années par les terroristes et la propagande en ligne de Daesh ou d’Al-Qaeda. Le 26 juin dernier et pour la première fois, quatre des principaux géants du Web - Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube - ont proposé une piste de travail inédite : la création d’un forum mondial contre le terrorisme.

L’événement s’est ouvert ce mardi 1er août à San Francisco et rassemble durant une semaine une douzaine d’entreprises, des universitaires, des ONG, des membres de la société civile et des représentants de gouvernements. Parmi eux, la ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd dont le pays a été frappé à trois reprises cette année par des attentats, des membres de l’Union Européenne et Elaine Duke, nouvelle secrétaire à la sécurité intérieure aux Etats-Unis.

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Protéger ses intérêts

Quel est le véritable enjeu derrière ce grand raout technologique et politique ? « Il s’agit d’abord pour les états d’établir un point de contact. L’idée c’est de se dire qu’on peut échanger le jour où un problème se présente s’il faut fermer un compte, retirer un contenu etc. Mais c’est aussi et surtout pour ces entreprises un moyen d’anticiper les éventuelles réglementations à venir. Elles privilégieront toujours une autorégulation à des cadres contraignants imposés par des pays », analyse Nicolas Arpagian, auteur de La Cybersécurité (Que sais-je ?. Ed. PUF).

Ces derniers mois, la pression s’est accentuée sur ces acteurs longtemps suspectés d’être trop passifs vis-à-vis de la propagande et des internautes djihadistes. La question avait notamment été inscrite à l’ agenda du G7 en mai dernier. Les pays participants (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Canada, Italie) y avaient adopté une déclaration commune appelant les acteurs de l’Internet à accroître leur mobilisation.

De solutions technologiques

Dans le communiqué commun, les organisateurs du forum détaillaient l’objet de cette initiative : « En travaillant ensemble, en partageant les meilleurs outils technologiques et organisationnels élaborés par chacune de nos entreprises, nous pouvons avoir un meilleur impact sur la menace que constitue le contenu terroriste en ligne ». En clair, l’événement lancé ce mardi devrait se focaliser sur les solutions technologiques permettant de mieux détecter les contenus illicites.

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Mais derrière la bonne volonté affichée par Facebook, Twitter ou YouTube, Nicolas Arpagian insiste : « Si ce genre d’événement leur permet d’assumer leur rôle géopolitique, il ne faut pas se leurrer. Ce que ces entreprises ne veulent pas c’est obtenir le statut d’éditeur. Facebook ou YouTube se considèrent comme étant seulement hébergeur de contenus. C’est pour cette raison qu’elles mettent en place des filtres et des innovations technologiques à disposition des médias ou des états ».

Une responsabilité qui est pourtant régulièrement pointée du doigt par les familles de victimes de terrorisme. En décembre dernier, les proches de trois Américains assassinés à Orlando lors de l’attaque contre une boîte de nuit ont lancé une procédure judiciaire contre Facebook, Google et Twitter pour "soutien matériel" à Daesh qui avait revendiqué le massacre.