Attentat à Londres: Non, la femme musulmane prise en photo n’était pas insensible au sort des victimes

FACT CHECKING Après l’attaque de Londres, des comptes Twitter d’extrême droite ont partagé et critiqué la photo d’une femme voilée, marchant sur le pont, portable à la main, juste devant une victime entourée de passants. Voilà la véritable histoire de l’image…

M. F

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La photo de cette jeune femme voilée a été très partagée par des comptes d'extrême droite sur Twitter
La photo de cette jeune femme voilée a été très partagée par des comptes d'extrême droite sur Twitter — Shutterstock/SIPA

Dans l’après-midi du mercredi 22 mars, une voiture fonce volontairement sur la foule du pont de Westminster à Londres. Quatre personnes meurent et une vingtaine d’autres sont blessées. Des personnes présentes sur le lieu du drame immortalisent la scène :  des victimes au sol, certaines dans une mare de sang, et des passants démunis tentant de leur porter secours. Une de ces photos a été largement partagée par des comptes Twitter d’extrême droite.

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Au premier plan : une jeune femme musulmane voilée, marche sur le pont, une main sur la tête, tandis que l’autre serre un portable. En second plan : un groupe de plusieurs personnes s’affairent autour d’une victime de l’attaque gisant au sol. De manière plus ou moins sous-entendue, certains internautes accusent la jeune musulmane d’être complètement indifférente au sort des blessés. Il n’en était en fait rien. (Son visage a été volontairement masqué par nos soins, afin de préserver l’anonymat de cette femme, persécutée sur Internet depuis la parution de l’image).

L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres.
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres. - Capture Twitter
Les commentaires sous l'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres.
Les commentaires sous l'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres. - Capture Twitter
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres.
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres. - Capture Twitter
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres.
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres. - Capture Twitter
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres.
L'image détournée d'une jeune femmes musulmane sur le pont de Westminster après l'attaque de Londres. - Capture Twitter

Après avoir découvert à quelle fin cette photo circulait sur internet, l’auteur de celle-ci, Jamie Lorriman, a démenti les accusations sur la radio australienne ABC. Il a assuré que sur toutes les photos qu’il avait prises, cette jeune femme avait l’air bouleversée et horrifiée. Beaucoup d’internautes ont d’ailleurs fait ce même constat en découvrant la photographie sur les réseaux, mettant ainsi à mal la théorie de certain. « Cette femme est choquée… Que savons-nous de nos réactions après un tel drame ? Polémique stérile et puante ! », commente une femme.

« J’ai donc décidé d’appeler ma famille »

De son côté, la jeune femme a envoyé un communiqué à l’association TellMAMA, qui lutte contre les actes haineux envers les Britanniques musulmans. Sans révéler son identité, elle s’explique : « Ce que l’image ne montre pas, c’est que j’avais parlé aux autres témoins pour tenter de comprendre ce qu’il se passait, pour voir si je pouvais aider, même s’il y avait déjà assez de gens auprès des victimes. J’ai donc décidé d’appeler ma famille pour leur dire que j’allais bien, avant de rentrer chez moi après ma journée de travail. Sur le trajet, j’ai aidé une femme à aller à la station Waterloo. Mes pensées vont à toutes les victimes et leurs familles. Je voudrais remercier Jamie Lorriman, le photographe qui a pris la photo, pour avoir pris ma défense dans les médias.