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La case «statut» sur Facebook, Twitter et Myspace

La case «statut» sur Facebook, Twitter et Myspace

INTERNET – Les inscrits affichent ce qu’ils font en temps réel. Décryptage d’une fonctionnalité relationnelle...
Les statuts sur Facebook
Les statuts sur Facebook - DR
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Sur les plates-formes communautaires comme Facebook, Myspace et Twitter, on peut collectionner des amis et s’adonner à un truc tout bête: signaler ce que l’on est en train d’effectuer — ou pas — à un instant T.

En ce jeudi après-midi, voici quelques exemples visibles sur Facebook: Joel «a mangé un chinois. Now: Citrate de Betaïne», Annabelle «is in La Paz», Baptiste «is arnaqué profond: même loyer que Bolufer pour 150m2 de moins» et Bruno «is déterminé».


En quelques signes (140 sur Twitter, 160 sur Facebook), les membres affichent ainsi leur «statut» en temps réel - autrement appelé le «is» par 55 millions de «Facebookeurs».

«Juste après la photo et le nom, le "is" nous dit de nos amis le temps qu'il fait, l'endroit, l'humeur, ou rien, explique André Gunthert, chercheur en histoire visuelle contemporaine et enseignant à l’EHESS. Comme l'embrayeur (du récit de défini par le linguiste Roman Jakobson, ndlr) (…), il n'est rien par lui-même, pure interface entre l'identité avouée et l'état revendiqué, petit transistor à un état qui réveille de l'engourdissement électronique.»


La guerre des clans

D’ores et déjà, deux camps se font face: ceux qui refusent de remplir cette case et ceux qui la changent plusieurs fois par jour, parfois en pianotant leurs messages depuis leurs téléphones portables.

Temps réel oblige, les nomades peuvent ainsi réactualiser leurs statuts entre deux rendez-vous. L'application Facebook conçue pour BlackBerry va d'ailleurs dans ce sens: elle privilégie la fonction «mettre à jour son "is"» plutôt que d'envoyer des citrouilles et des zombies, autres marottes pourtant très prisées sur ce réseau social.


Mais à quoi ça sert?

«A faire passer des messages à sa communauté d’amis ou à poser une question à la cantonade (plutôt que d’envoyer un mail groupé)», répond cet internaute. Mettre à jour son profil sert aussi à entretenir les liens avec son réseau, comme un cordon ombilical, de la même façon qu’on envoie des SMS ou qu’on passe des coups de fil. Car un internaute qui communique en ligne ses activités montre avant tout «qu’il est vivant», note cet autre «Facebookeur». Bref, «qu’il y a une âme qui gigote derrière son profil virtuel.»


Référencement

Sur Myspace et Facebook, les statuts ne sont visibles que dans le cadre de ces sites. Rien ne filtre à l’extérieur. Mais sur Twitter, ils sont référencés sur Google, et apparaissent à l’issue d’une requête autour du nom sous lequel ceux qui « twittent » se sont inscrits. Attention, donc, à ne pas écrire que vous êtes «chassé par des recruteurs» sur Twitter. Si votre employeur actuel avait dans l’idée de vous googler, vous seriez démasqué.


Autre effet collatéral: sur ces sites nés aux Etats-Unis, les internautes, y compris français, s’amusent à rédiger leurs activités en anglais ou, plutôt, en pseudo-anglais. Ce qui donne: un tel «is in love with Olivia Ruiz but it's impossible...» ou «vendredi, c'est family party!».


A vous de faire votre florilège des meilleurs statuts repérés sur ces sites dans les commentaires ci-dessous...