La Corée du Sud refuse que Google utilise ses données cartographiques

LE DESSOUS DES CARTES La Corée du Sud a rejeté la demande de Google d’utiliser ses données et cartes officielles pour son application Google Maps, au motif que cela pourrait représenter un danger face à Pyongyang…

20 Minutes avec AFP

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L'application Google Maps sur Android.
L'application Google Maps sur Android. — GOOGLE

C’est non. La Corée du Sud a rejeté ce vendredi une demande du géant Google d’exporter des données cartographiques officielles pour son service mondial de cartographie, Google Maps. « Il existe des préoccupations selon lesquelles la demande de Google risque d’aggraver les menaces contre la sécurité en période de confrontation entre les deux Corée », a justifié le ministère des Infrastructures et des Transports.

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Une version limitée de Google Maps

La très stricte loi sur la sécurité nationale en vigueur en Corée du Sud interdit au groupe américain d’utiliser des cartes fournies par le gouvernement car elles pourraient permettre de localiser des installations militaires sensibles. La guerre de Corée s’est achevée avec un cessez-le-feu en 1953, et non un traité de paix, si bien que les deux Etats sont toujours techniquement en guerre.

Google a lancé Google Maps en Corée du Sud en 2008, mais il s’agit d’une version restreinte de ses services. Le groupe fait valoir que la législation sud-coréenne est dépassée et l’empêche de manière injuste d’offrir la totalité de ses services, comme les itinéraires routiers, les informations sur les transports publics ou des images satellite.

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Google veut cartographier la Corée du Nord

Il appuyait sa demande en expliquant qu’il pouvait fournir des services plus complets concernant la Corée du Nord, l’un des pays les plus hermétiques du monde, y compris un itinéraire routier entre Pyongyang et son site nucléaire de Yongbyon, ainsi que la localisation de ses camps d’enfermement. Séoul avait suggéré que Google brouille sur ses cartes les sites sensibles comme les centrales énergétiques, les installations militaires et les bâtiments officiels. Une proposition rejetée par Google.

La Corée du Sud est l’un des rares pays, aux côtés de la Chine et de la Russie, à ne pas compter Google comme premier moteur de recherche. Naver est son moteur numéro un, et il utilise des cartes fournies par le gouvernement où les installations sensibles sont brouillées.