On a testé Napflix, la chaîne pour faire la sieste

DODO Le site de Napflix propose une variété de programmes censés aider à trouver le sommeil...

A.B.

— 

Grâce au site Napflix, chacun peut trouver le programme soporifique qui lui convient pour arriver à faire la sieste.
Grâce au site Napflix, chacun peut trouver le programme soporifique qui lui convient pour arriver à faire la sieste. — Rex Features/REX/SIPA

Elle s’appelle Napflix, et toute ressemblance avec le service américain de vidéo en ligne Netflix  n’est absolument pas fortuite. Deux publicitaires de Barcelone ont inventé cette version espagnole potache du géant américain, qui fournit des contenus jugés soporifiques - concours de pétanque, représentation du Lac des cygnes ou cours de physique quantique - dans le but d' encourager la sieste. Le site «  Napflix, siesta video platform », dont le nom s’inspire de la fameuse chaîne américaine cotée en Bourse, a été mis en ligne lundi. Offrant une soixantaine de vidéos tirées de YouTube, il est très vite devenu viral, a expliqué un de ses fondateurs, Victor Gutierrez de Tena. Mais au-delà de la blague, est-ce que ça marche ? 20 Minutes a testé Napflix pour vous.

Choisir le bon programme

Du match de cricket  à la messe traditionnelle en latin, en passant par le Tour de France 1992 et le documentaire animalier sur la vie nocturne d’une forêt : il y en a pour tous les goûts. A chacun de choisir le bon programme pour mieux piquer un petit roupillon. « Nous recherchons la monotonie et la répétition », indique Victor Gutierrez de Tena, publicitaire de 31 ans qui travaille chez Havas à Barcelone. « Cela doit être le genre de choses qui nous rappellent l’enfance, comme ces cours au collège qui se déroulaient après manger ou les séries TV après le repas, qui commençaient d’une manière, continuaient pareil… sans que tu perdes le fil si tu t’endors. »

Un truc répétitif qui rappelle l’enfance ? Pas de problème. Il y a pile poil ce qu’il faut : la vidéo d’une partie de Tetris, jeu que tous ceux qui ont grandi au début des années 1990 connaissent par coeur.

La nostalgie m’étreint dès les premières secondes. Tout est là, la petite musique reconnaissable entre mille (et qui tape vite sur le système), les figures géométriques que l’on fait pivoter dans tous les sens pour mieux les imbriquer les unes aux autres et le rythme qui s’accélère au fur et à mesure de la partie. « L’idée est de faire du divertissement ennuyeux », ou « slow TV », s’amuse le créateur du site. Sur le papier, c’est vrai que la partie de Tetris remplit les critères, mais au bout de neuf minutes, toujours pas d’envie de dormir à l’horizon, juste l’envie de retourner les cartons de ma chambre d’enfant pour remettre la main sur ma Game Boy parce que là, c’est sûr, si je m’y remets, je vais encore cartonner.

Un truc bien soporifique

Bon, si le jeu vidéo ne fonctionne pas, c’est qu’il faut miser sur un truc bien soporifique. Le mariage de l’infante d’Espagne ? Non, faut pas pousser quand même… Le Tour de France 1992 ? C’est vrai que ç’a l’air bien chiant, peut-être même un peu trop pour arriver à m’endormir. Ah, un docu sur les Aztèques et les reptiliens, ça, c’est parfait. Premières images : une reconstitution un peu cheap d’un sacrifice humain. Là c’est sûr, on se dit qu’il vaut mieux avoir envie de dormir que de regarder ça. Sauf qu’au bout de 1,37 minutes apparaît le présentateur, un certain Peter Weller, avec un visage familier qui cette fois-ci parle à ceux qui ont grandi dans les années 1980 ; et qui n’est autre que Robocop himself, du film de Paul Verhoeven. Problème : si Robocop  me parle d’aliens et de constructions de folie, je risque d’avoir envie de regarder le docu jusqu’au bout. Pas le choix, il faut zapper.

Du sport pas trop sportif, ça, ça devrait marcher. Et là, la sélection est toute trouvée : les championnats du monde de curling. Ça commence avec une longue introduction du programme de la soirée, beaucoup de blabla d’une sorte de Nelson Monfort local et de son acolyte qui présentent un à un les athlètes des deux pays qui s’affrontent. Bingo : au bout de trois minutes trente, j’ai les yeux qui piquent. Quand le premier athlète lance sa pierre et que ses camarades balaient la piste, j’ai déjà trop sommeil pour esquisser ne serait-ce qu’un sourire. Je vois bien la pierre s’approcher du centre de la cible, mais je me sens partir : j’entends les commentaires mais ne les écoute pas, mes paupières sont lourdes. Ça y est, je dors.