Réalité virtuelle: Daydream View, le casque de Google, rappelle la simplicité de Nintendo

TECHNOLOGIE L'entreprise veut démocratiser la réalité virtuelle avec une solution à bas-coût...

Philippe Berry

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Daydream View, le casque de réalité virtuelle de Google, sortira en novembre aux Etats-Unis et en 2017 en France.
Daydream View, le casque de réalité virtuelle de Google, sortira en novembre aux Etats-Unis et en 2017 en France. — GOOGLE

La réalité virtuelle pour les masses. C’est l’objectif poursuivi par Google avec son casque Daydream View, dévoilé mardi à San Francisco. Confortable, convivial et bon marché à 79 dollars, il vient se frotter au Gear VR de Samsung. Et les premières minutes passées en sa compagnie sont plutôt encourageantes. Annoncé pour début novembre aux Etats-Unis, le casque ne sortira qu'en 2017 en France.

Comme Cardboard, le View s’utilise avec un smartphone, qui se glisse dans la visière. Pas de câble ni de port à connecter, et aucun alignement précis à réaliser. Une fois l’élastique accroché, le système ajuste l’image et lance l’environnement Daydream automatiquement. La mauvaise nouvelle, c’est que pour l’instant, seul le Pixel, de Google, qui sera vendu à partir de 649 dollars (fin octobre aux USA, en 2017 en France), est compatible. Mais dans les prochains mois, d’autres téléphones certifiés par Google devraient suivre.

Son papa, Clay Bavor, souligne que le casque a été conçu pour ne pas ressembler à un gadget high-tech. Recouvert d’un tissu en microfibre, le View est doux comme un survêtement. Même par-dessus des lunettes, il se révèle bien plus confortable et plus léger que la concurrence. Bonus, la structure en plastique qui repose sur le visage est détachable et peut se laver à la main.

Un contrôle gestuel instinctif

Le Gear VR de Samsung s’utilise principalement avec une manette ancestrale avec ses sticks analogiques pas vraiment adaptés à la réalité virtuelle. De son côté, Google mise sur le contrôle gestuel. Le petit contrôleur rappelle la nouvelle télécommande de l’Apple TV et s’utilise comme une Wiimote. Certes, la précision est loin d’atteindre celle offerte par le HTC Vive, mais cela devrait largement suffire pour peindre en 3D avec l’app magique Tilt Brush.

A San Francisco, on a pu admirer un plésiosaure dans son habitat naturel et tester un petit jeu de course avec une bille et un plateau à équilibrer avec la manette, avec un lag minimal et sans envie de vomir. Google promet une cinquantaine d’apps d’ici la fin de l’année, et des contenus exclusifs sur Google Play ainsi que des vidéos à 360° sur YouTube.

Une réalité virtuelle « light »

Oculus, HTC et Sony doivent-ils trembler ? Pas vraiment. En matière de réalité virtuelle, l’expérience mobile reste assez « light ». Le principal obstacle, c’est l’absence de « positional tracking ». On peut tourner la tête à droite et à gauche mais le système ne sait pas exactement où se trouve le joueur. Du coup, il n’est pas possible de se pencher pour regarder sous un bureau ou par-dessus un parapet. Cela semble anecdotique mais ces mouvements naturels participent grandement à l’immersion pour vraiment tromper le cerveau. En attendant un éventuel progrès technique des smartphones, le casque de Google rappelle l’accessibilité de la Wii de Nintendo. Le joueur est immédiatement transporté dans un univers magique. C’est peut-être exactement ce qu’il faut pour démocratiser une technologie qui fait encore peur au grand public.