Tokyo Game Show: Chanteuse digitale, écolière nipponne et réalité virtuelle

HIGH-TECH Le salon de jeux vidéo japonais présentait plus de 100 titres utilisant la technologie...

Mathias Cena
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Un visiteur essaie le jeu en réalité virtuelle «Summer Lesson : Miyamoto Hikari 7 Days Room» au Tokyo Game Show, le 15 septembre 2016.
Un visiteur essaie le jeu en réalité virtuelle «Summer Lesson : Miyamoto Hikari 7 Days Room» au Tokyo Game Show, le 15 septembre 2016. — M.CENA / 20 MINUTES

De notre correspondant à Tokyo,

Attendue au Japon comme le messie qui relancera l’industrie du jeu vidéo, la réalité virtuelle peut-elle tenir toutes les promesses des constructeurs de casques ? Les analystes redoutent le manque de contenus intéressants car les développeurs y croient timidement et les consommateurs, à qui l’on demande d’investir de 400 à 800 dollars pour s’équiper, peuvent légitimement se montrer hésitants.

Jouant la partition de l’optimisme, les éditeurs ont pourtant mis le paquet au , qui s’est ouvert jeudi, en exposant selon les organisateurs par moins de 110 titres qui exploitent la réalité virtuelle. On trouve dans le lot du classique et de l’attendu, comme Resident Evil 7, et d’autres inventions plus originales et « locales », à base de chanteuse virtuelle et d’écolière.

Chanteuse et réalité virtuelles

La technologie de la réalité virtuelle a déjà investi depuis un certain temps le monde de la musique, qui propose une immersion dans des clips ou des concerts, avec une interactivité souvent limitée. Quoi de mieux alors, pour offrir une prestation adaptée au média, qu’une chanteuse déjà virtuelle ? Sega planche sur un show de la « vocaloïde » Hatsune Miku, qui permet d’assister à un concert sous plusieurs angles et d’interagir avec la chanteuse en agitant le stick de son PlayStation VR.

« Le défi est de rendre l’ambiance du live car on ne peut rien cacher, confiait jeudi Seiji Hayashi, producteur chez Sega. En réalité virtuelle, tout est visible, même ce qui est derrière les danseurs, et tout doit donc avoir l’air très "propre", ça demande beaucoup de travail. »

La sortie de Hatsune Miku : VR Future Live, fixée au 14 octobre pour les Etats-Unis et l’Europe, coïncide avec le lancement du casque de réalité virtuelle de Sony, avec lequel le titre est exclusivement compatible.

Ecolière et mauvaises notes

Quelques stands plus loin, c’est un tout autre son de cloche qu’on pouvait entendre chez Bandai Namco : celui de la rentrée scolaire. L’éditeur s’apprête à sortir Summer Lesson : Miyamoto Hikari 7 Days Room, un titre on ne peut plus nippon, qui transporte le joueur et son casque de réalité virtuelle… dans la chambre d’une écolière, pour jouer le rôle d’un professeur particulier à domicile. « L’été est fini et il ne reste plus que sept jours pour réviser avant les contrôles de la rentrée », explique le communiqué remis aux journalistes, jeudi au TGS. Ce défi de taille n’a pourtant pas manqué de candidats : le stand de Sony, qui proposait de s’y essayer, a rapidement affiché complet.

Pour ce titre qui n’est probablement pas promis à une exportation occidentale, l’équipe de développement a particulièrement travaillé sur le réalisme du personnage de la « mauvaise élève » Hikari Miyamoto. « Au lieu d’une scène panoramique, il n’y a qu’un personnage et qu’un arrière-plan, ce qui nous a permis de nous concentrer sur les détails », explique le créateur Jun Tamaoki, qui insiste sur « la sensation de présence » : « Elle est tout près, on peut presque sentir sa peau, tellement détaillée qu’elle semble réelle. C’est comme si elle était là, juste devant vous », s’exclame-t-il.

Le comportement de la jeune Hikari et ses interactions avec le joueur ont aussi fait l’objet d’un soin particulier pour éliminer toutes les attitudes qui ne seraient pas naturelles chez un humain. « Le plus important, c’est les yeux, précise Jun Tamaoki. Le regard, qui peut être franc, fuyant ou timide, véhicule beaucoup d’émotions. » Le titre doit sortir le 13 octobre au Japon, exclusivement pour le PlayStation VR.