Et si les preuves étaient sur Facebook?

Alice Antheaume

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Meredith, la jeune étudiante anglaise tuée lors de la nuit d'Halloween
Meredith, la jeune étudiante anglaise tuée lors de la nuit d'Halloween — REX / SIPA

Facebook, un terrain d’investigation? Lors de ses enquêtes, la police y cherche parfois des photos ou des vidéos susceptibles d’orienter ses recherches. Dernière incursion en date: celle de la police italienne, cherchant des indices sur le meurtre de Meredith Kercher, une étudiante anglaise en échange à Pérouse, en Italie. La jeune fille, âgée de 21 ans, a été retrouvée la gorge coupée sur son lit dans la nuit de jeudi, peut-être après avoir ramené chez elle un ou deux hommes d’une fête d’Halloween. Sur Facebook, les policiers cherchent ce qui aurait pu être filmé ou photographié au cours de cette soirée et, éventuellement, identifier avec qui Meredith Kercher aurait pu flirter.
 
La police peut infiltrer Facebook sur réquisition judiciaire
Facebook servant d’outil d’inquisition n’est pas sans poser des questions. Et notamment, celle-ci: la police peut-elle s’infiltrer sur les profils privés des membres de Facebook pour y rechercher des preuves? «La police peut demander l’accès à des données privées dans le cadre de ses investigations, explique Sophie Narbonne, directrice adjointe aux questions juridiques de la Cnil. C’est une réquisition judiciaire.» Selon la loi sur la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004, la police a le statut de «tiers autorisé». Autrement dit, elle «peut accéder à l’ensemble des fichiers informatiques, quand bien même les internautes ont demandé à ce que leur profil Facebook ne soit pas public», dit Sophie Narbonne.
 
Facebook dans la mire
Avant cette affaire, il y a eu d’autres cas où Facebook s’est retrouvé en ligne de mire – pas forcément policière. En juillet dernier, des étudiants de l’Université d’Oxford se sont immortalisés en train de s’envoyer à la tête champagne, confettis et morceaux de viande, ne pensant pas une seconde que l’administration de l’Université repérerait les images de la fête sur le site communautaire aux 50 millions d’inscrits. Flagrant délit d’infraction au code de bonne conduite, a-t-elle tranché, demandant aux fêtards une amende et une comparution en conseil de discipline.
 
Facebook, qui avait déjà le pouvoir de ressusciter des barres chocolatées, aura-t-il celui de faire apparaître les assassins?