Alpha 1S: Ce jouet en forme de robot humanoïde est-il fait pour vous?
ROBOTIQUE•Disponible en mai en France, le robot Alpha 1S ne manque pas d’atouts. Mais sa conception fait que l’on ne pourra pas tout demander à ce jouet humanoïde…Christophe Séfrin
C’est un fantasme depuis que l’on a fondu devant Wall-E, mais aussi une angoisse depuis qu’Arte a diffusé sa série Real Humans. Les robots, et a fortiori les robots humanoïdes, envahissent notre paysage.
Pas de crainte à avoir cependant avec Alpha 1S, le petit robot de 40 cm de UBTech qui arrive ce mois-ci en France. La raison ? Distribué par PNJ (déjà fournisseur remarqué d’action cams et de drones), Alpha 1S, est d’abord un jouet… dépourvu d’intelligence.
Des fonctions de base pour tous
Lesté de 16 servos moteurs, ce robot humanoïde possède un cerveau aussi creux qu’une coquille vide. La vocation du petit robot consiste donc simplement à être un compagnon de jeu. Ce qui n’enlève rien à ses qualités intrinsèques. Fonctionnant sur batterie (autonomie : 60 minutes), il se pilote avec une application iOS ou Android. Alpha 1S répond ainsi au doigt et à l’oeil aux sollicitations de son utilisateur qui peut lui demander à distance de se déplacer en le guidant à l’aide des flèches sur l’écran de son smartphone ou de sa tablette. Dès lors, les 1,65 kg de technologie du robot se meuvent avec une aisance assez stupéfiante et il y a déjà là matière à s’amuser. Mais lorsque l’on est un enfant – petit ou grand —, le kif consiste à programmer son robot.
Des programmations comme au cinéma
Pour cela, pas de ligne de code à saisir. Le principe est le même qu’avec le stop motion au cinéma. A l’image du travail des studios Aardman pour animer leurs héros Wallace et Gromit, vous donnerez vie à votre Alpha 1S de façon similaire. L’idée consiste ainsi à lui imprimer des mouvements successifs avec les mains et à les enregistrer les uns après les autres dans l’application (ou sur PC) pour que le robot les répète. Bon point : ces programmations peuvent ensuite être échangées à travers la communauté d’utilisateurs.
Certains fans d’Alpha S1 sont d’ailleurs déjà allés très loin en faisant par exemple jouer à leur petit protégé des scènes de Star Wars. Convaincant ? Oui, mais trop limité, donc frustrant. Vendu près de 500 euros, l’Alpha S1 n’est pas un jouet à la portée de tous.
Les Jimu, les mêmes en moins cher
Il lui manque clairement une caméra frontale pour qu’il puisse au moins interagir avec son utilisateur, voire des mains articulées qui lui permettraient de prendre de petits objets. Et il ne dispose d’aucun capteur. Impossible pour lui de se repérer dans son environnement, par exemple.
Alpha 1S reste en tous les cas une belle vitrine pour PNJ qui compte tout de même en vendre 500 exemplaires en France cette année. La firme propose parallèlement ses Jimu, des robots à assembler soi-même avec différents kits selon ses envies : un « Kit Inventeur » avec 16 servos moteurs et 675 pièces à assembler comme désiré (399 euros), ou un « Kit Explorateur » avec 7 servos moteurs et 350 pièces (199 euros). Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler POB, le robot en kit à programmer et à monter soi-même qu’avait lancé, en vain, la Fnac et l’entreprise lyonnaise POB Technology au printemps 2011.
A l’époque, un kit de démarrage était vendu 349 euros et il était possible de le faire évoluer avec différents modules. Le concept, repris depuis par Meccano et ses Meccanoid GIS et Meccanoid GISKS (avec respectivement 4 et 8 servos moteurs, ainsi que 621 et 1223 pièces à assembler), mais aussi Lego et sa gamme Mindstorms semble depuis trouver sa voie. Si les temps ont changé, les robots ont aussi évolué.
Le salon Innorobo qui se déroulera à Paris du 24 au 26 mai fera notamment le point sur les dernières avancées en la matière. En attendant, Nao, le robot humanoïde intelligent de la société Aldebaran poursuit son petit bonhomme de chemin depuis 10 ans. Déjà vendu à 7000 exemplaires dans le monde (mais uniquement auprès de professionnels), il reste 10 fois plus cher qu’Alpha S1. Son rival est attendu chez UBTech. Son nom : Alpha 2.


















