COMPARATIF. Oculus Rift, HTC Vive et Playstation VR, le grand match virtuel

TECHNOLOGIE Quel casque choisir? «20 Minutes» fait l'état des forces en présence...

Philippe Berry
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De haut en bas: l'Oculus Rift, le Playstation VR et le HTC Vive.
De haut en bas: l'Oculus Rift, le Playstation VR et le HTC Vive. — PHOTOMONTAGE «20MINUTES»

Le futur est là. Longtemps rêvée par la littérature cyberpunk, la réalité virtuelle débarque avec fracas cette année. Après l’Oculus Rift en cours de livraison – avec un peu de retard – c’est le HTC Vive qui sort, en attendant la riposte de Sony avec la Playstation VR en octobre. La technologie est-elle prête ? Quel casque privilégier selon ses moyens ? Let’s fight !

Oculus Rift (disponible, 740 euros, 1.500 euros avec un PC compatible)

C’est le pionnier. Palmer Luckey était un gamin d’à peine 20 ans quand il s’est attelé à un projet un peu fou. Après une campagne Kickstarter réussie et un rachat par Facebook pour deux milliards de dollars, le pari est tenu. La technologie immerge le joueur dans des mondes virtuels renversants. Malgré tout, le Rift est pour l’instant dépourvu du contrôle gestuel Oculus Touch, qui débarquera dans la seconde moitié de 2016. Du coup, si la manette Xbox livrée avec est suffisante pour s’amuser dans un jeu de plateformes comme Lucky’s Tale, qui rappelle Mario 64, ou faire des loopings de folie dans EVE Valyrie, on se sent bien maladroit quand il s’agit de manipuler des objets. Surtout, certains restent plus ou moins sensibles à la nausée quand le nerf optique et l’oreille interne envoient des signaux contradictoires lorsqu’on se déplace dans le monde virtuel en restant assis sur sa chaise.

HTC Vive (disponible, 970 euros, 1.700 euros avec un PC)

HTC a surpris tout le monde. Mais son partenariat avec Valve a payé. Des trois solutions, le Vive est la plus chère, mais aussi la plus aboutie. Deux contrôleurs qui rappellent la Wiimote, en bien plus précis, permettent de se prendre pour un chevalier Jedi comme jamais et d’utiliser ses bras.

Deux stations à installer dans son salon permettent de se déplacer dans les mondes virtuels en marchant – les obstacles et les murs apparaissent alors en vision « fil de fer » pour éviter de se cogner. On s’emmêle dans les câbles et le terrain de jeu est trop limité pour des grandes aventures à la Skyrim, mais bouger a l’avantage de réduire l’envie de rendre son petit-déjeuner. Le problème, c’est que le catalogue de jeux n’est pas à la hauteur. Les expériences sont prometteuses (Job Simulator, Star Wars, Selfie Tennis) mais il va falloir autre chose pour justifier un prix aussi élevé. Half Life 3, un jour ?

Playstation VR (octobre, 499 euros, 850 euros avec une PS4)

Sony tirera donc le dernier. Mais avec un avantage majeur : un prix presque deux fois inférieur à la concurrence grâce à une Playstation 4 bien plus abordable qu’un PC de gamer. Il y aura une version à 399 euros, mais elle n’inclut pas la caméra (indispensable) et les manettes PS Move (fortement conseillées).

Techniquement, le PSVR propose une résolution un peu plus faible que ses concurrents. Cela se voit sur les textures de Waltz of the Wizard – également disponible sur Oculus – et semble accentuer la « motion sickness » pour ceux qui y sont sensibles. La situation pourrait toutefois s’améliorer si Sony sort, comme le veut la rumeur, une Playstation 4.5 plus puissante. Au-delà de la technique, la grande force du Japonais, reste son expérience vidéoludique. RIGS offre des sensations fortes en mélangeant les jeux de mechas et de sport. Golem, dans lequel une petite fille paralysée peut prendre le contrôle de figurines, séduit par son originalité. Sony devrait également avoir le premier blockbuster de la réalité virtuelle, avec un Star Wars exclusif développé par le studio Dice.

Le verdict : Attendez l’automne

Certes, on peut toujours trouver une bonne raison d’attendre avant de se jeter sur une technologie émergente. Pour le moment, Sony propose le meilleur équilibre entre l’expérience, le prix et les jeux. Le Vive offre un voyage plus complet mais il se paie au prix fort, surtout avec le manque titres majeurs. Le Rift, lui, se trouve entre les deux et attend les contrôles gestuels pour vraiment décoller. Dans tous les cas, la technologie a franchi un cap, c’est indiscutable. Le potentiel semble immense – et pas seulement pour le jeu vidéo. Mais alors que les développeurs apprivoisent une nouvelle plateforme, les pionniers essuieront les plâtres. A moins d’être une tête brûlée, tester les casques en boutique avant de se décider est vivement conseillé…