Hololens, aux frontières du réel

TECHNOLOGIE A l'occasion de la conférence Build, «20 Minutes» a pu à nouveau essayer le casque futuriste de Microsoft...

Philippe Berry
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Le créateur d'HoloLens, Alex Kipman, de Microsoft, lors de d'unTED talk.
Le créateur d'HoloLens, Alex Kipman, de Microsoft, lors de d'unTED talk. — Bret HARTMAN / TED

Spoiler alert : la priorité d’HoloLens n’est pas le jeu vidéo. C’est Scott Erickson, le manager du dernier bébé de Microsoft, qui l’a expliqué aux journalistes lors de la conférence Build, cette semaine à San Francisco. Pour Microsoft, la réalité augmentée représente « le futur de l’informatique ». Et après avoir testé son casque à trois reprises, cela s’impose comme une évidence : les applications sont bien plus variées – et plus naturelles – que celles de la réalité virtuelle.

On n’est pas coupé du monde extérieur

C’est la grosse différence entre les technologies. Avec l’Oculus Rift ou le HTC Vive, l’écran, opaque, couvre toute la vision. On est coupé du monde extérieur pour mieux s’immerger dans l’univers virtuel. Le voyage est parfois extraordinaire mais il est aussi profondément solitaire. Avec HoloLens, les images 3D sont rajoutées par-dessus notre monde. Certes, on a toujours l’air un peu bête avec un ordinateur sur la tête mais HoloLens peut très bien s’utiliser dans une salle de conférence à plusieurs. Ou dans un amphi de médecine, pour visualiser la complexité du corps humain en 3D tout en prenant des notes.

On n’a pas envie de vomir

Tout le monde n’y est pas sensible, mais la nausée peut gâcher les expériences virtuelles, avec un cerveau perturbé entre des signaux contradictoires entre l’oeil et l’oreille interne. Avec la réalité augmentée, la gêne disparaît pour deux raisons : car l’oeil peut faire une mise au point naturellement sur plusieurs plans et car on peut marcher librement, par exemple pour se balader au milieu du système solaire.

On collabore à plusieurs

C’est l’une des nouvelles fonctions montrées cette semaine. Plusieurs personnes peuvent partager le même environnement et les modèles 3D qu’elles viennent de créer. On s’est retrouvé avec cinq autres journalistes autour d’une table basse, plaçant ensemble une base alien avant d’envoyer des rayons laser avec le doigt pour détruire les avatars ennemis. Plus sérieusement, des architectes peuvent collaborer sur le même projet et voir les avancées en temps réel.

Le champ de vision limité n’est pas trop handicapant

Microsoft n’aurait jamais dû truander en faisant croire dans les premières vidéos qu’HoloLens offrait un champ de vision à 180°. Pour cette version « développeurs », la magie opère dans un rectangle de la taille d’un smartphone placé à 8-10 cm de sa tête. Du coup, les gros objets sortent du champ, et les « hologrammes » disparaissent dès que l’on tourne un peu la tête. Mais les développeurs apprivoisent déjà cette limitation. Les Bordelais d’Asobo Studio, qui développent les jeux Young Conker et Fragments, utilisent notamment des indices graphiques et audio pour attirer l’attention du joueur.

On peut cartographier à la volée la pièce environnante

C’est peut-être la technologie la plus bluffante. Grâce à des caméras frontales dérivées de Kinect, on peut scanner en moins d’une minute une pièce et tous ses objets. Ensuite, on s’amuse dans une réalité mélangeant le réel et le virtuel.

Les limitations

Outre le champ de vision réduit, HoloLens est un ordinateur complet. Il chauffe et sa batterie ne tient qu’environ trois heures. L’expérience n’est malheureusement convaincante qu’en intérieur, dans une pièce sombre : face à un mur brillant, les « hologrammes » sont bien pâlichons. Surtout, avec un kit de développement à 3.000 dollars, Microsoft va devoir cravacher pour rendre le prix plus abordable pour le grand public. Mais en attendant une date de sortie officielle – sans doute pas avant 2017 au plus tôt – HoloLens offre déjà une fenêtre prometteuse sur le futur.