Le casque de réalité augmentée de Microsoft HoloLens.
Le casque de réalité augmentée de Microsoft HoloLens. - MICROSOFT

De notre envoyé spécial à San Francisco,

C'est une démonstration sous haute sécurité. Smartphone, caméra, Apple Watch... Tout doit être rangé dans un casier. Derrière la portée gardée, l’objet convoité est là: HoloLens, de Microsoft. Selon l'entreprise, ces lunettes qui permettent de superposer des éléments virtuels sur le réel représentent l'ordinateur du futur. Après un essai de 10 minutes, dans les coulisses de la conférence Build, le potentiel est indéniable. Mais l'expérience est loin d'être aussi bluffante qu'on l'imaginait après avoir vu des vidéos trompeuses.

Un hardware léger et confortable

Après avoir mesuré l'écart inter-pupillaire comme chez l'ophtalmo (Microsoft ne précise pas s'il faudra faire pareil avec la version commerciale), on peut enfiler un casque un peu plus volumineux que des lunettes de snowboard. Plus léger que l'Oculus, il tient bien en place grâce à un ajustement frontal et crânien via une molette. Ce prototype ne semble pas très loin d'une version commerciale, pour l'instant vaguement annoncée «au cours de la période de Windows 10» (et pas au lancement comme on le croyait), à un prix inconnu.

Un champ de vision très réduit

A travers l'écran transparent, la pièce autour de soi reste visible. La mauvaise surprise, c'est que le champ de vision «augmenté» est ultra-réduit (en bleu sur cette image), de la taille d'un téléviseur situé à quelques mètres. Le mur se transforme en porte ouverte qui donne sur le centre-ville virtuel de Denver. Mais si on bouge uniquement les yeux, l'illusion n'est plus là en vision périphérique. Pour apercevoir la maquette sur la table, il faut tourner la tête. Les capteurs suivent le mouvement et le champ de vision se déplace (en rouge).

Sur cette image concept de Minecraft, on croit que tout le salon est transformé. En réalité, seuls les cubes placés devant soi apparaissent. Au final, HoloLens entrouvre une fenêtre magique mais limitée, un peu comme si on regardait ce monde merveilleux à travers une longue vue.

Des objets bien intégrés mais aux textures pauvres

C'est le point fort du système. Les caméras sur le devant du casque scannent et modélisent la pièce en temps réel. HoloLens identifie par exemple la surface de la table et peut y poser un dinosaure virtuel de manière réaliste, sans qu'il passe à travers. L'opacité atteint un niveau suffisant pour donner une présence presque physique au virtuel, notamment quand on déplace un objet du doigt. En revanche, les textures restent basiques, ce qui fait s'interroger sur la puissance du processeur et de la carte graphique du système.

La 3D ne fait pas mal aux yeux

Cette réalité mélangée ne donne pas mal au crâne. L’œil fait facilement la mise au point sur des objets virtuels proches ou plus distants. Microsoft refuse pour le moment de parler optique mais le rendu est bien plus naturel que l'illusion stéréoscopique des lunettes de cinéma, peut-être grâce à un système «light field» qui projette l'information lumineuse directement sur la rétine.

Le verdict

La technologie est plus au point que Google Glass à son époque. Des applications dans le travail collaboratif, pour les architectes ou les médecins, ne semblent pas très éloignées, surtout grâce à l’interaction gestuelle avec le virtuel. Le jeu vidéo a du potentiel, même si le champ de vision réduit limite le plaisir. Lira-t-on vraiment des post-its imaginaires collés sur le frigo et ses mails sur la table basse du salon? Pas sûr. HoloLens se trouve pour l'instant à la croisée des chemins. Pas assez portable pour s'aventurer dans la rue ni assez immersif pour être totalement transporté comme par la réalité virtuelle d'Oculus. Le futur arrive, mais à petits pas.

>> La vidéo concept de présentation

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