Microsoft Build 2016: Converser avec un robot va simplifier votre vie, promet le géant de l'informatique

TECHNOLOGIE Une armée de programmes arrivent, et ils veulent remplacer les apps de nos smartphones...

Philippe Berry

— 

Le directeur général de Microsoft, Satya Nadella, à la conférence Build, le 30 mars 2016.
Le directeur général de Microsoft, Satya Nadella, à la conférence Build, le 30 mars 2016. — E.RISBERG/AP/SIPA

De notre correspondant en Californie,

L’invasion des robots a commencé. Non, pas celle d’une armée de Terminator bipèdes chargés d’asservir l’humanité. Mais 2016 est l’année des « bots », ces petits programmes conçus pour effectuer une tâche simple (commander une pizza, réserver un billet d’avion, chercher des GIF humoristiques) via des conversations homme-machine aussi simples que des SMS. Alors que l’Asie succombe au phénomène, Microsoft a dévoilé sa plateforme, lors de sa conférence Build, à San Francisco, mercredi. En attendant la riposte de Facebook, mi-avril.

>> A lire aussi : Revvivez la conférence Build

Pour Microsoft, le timing est malheureux, alors que Tay, son « chatbot » censé avoir la personnalité d’une adolescente, a été perverti par les trolls, répétant des blagues racistes et des déclarations pro-nazis comme un enfant de trois ans. « Nous n’avons pas été à la hauteur, nous apprenons de nos erreurs », a juré le patron de l’entreprise, Satya Nadella. Mais s’il y a encore beaucoup de travail pour donner une intelligence « sociale » à la machine, les bots dévoilés mardi misent avant tout sur leur utilité et leur simplicité.

Entraîner un robot à la portée de presque tout le monde

Microsoft a déjà un assistant intelligent, Cortana. Via Skype, il peut désormais connecter l’utilisateur à une multitude de bots. Une chambre d’hôtel à réserver ? Cortana contacte le robot de la chaîne Westin. « Une chambre simple ou de luxe ? », demande le programme. « Simple », répond l’utilisateur au clavier. Réservé, payé, terminé. Pas besoin d’installer une app, qui prend de la place et qu’on ne réutilisera sans doute pas. Selon Nadella, « les conversations sont la nouvelle plateforme ».

Créer un robot demande des compétences en programmation. En revanche, «accompagner l’apprentissage du bot est très simple, c'est à la portée de beaucoup de monde comme un community manager », explique à 20 Minutes Nicolas Gaume, directeur de l’expérience développeurs chez Microsoft France. L’entreprise lance en effet son « bot framework », une plateforme permettant de concevoir des scripts pour de nombreuses messageries (Skype, Slack, Telegram, WeChat etc.). Importer la librairie de Microsoft sur le langage, ajouter des règles et des actions, tout se fait en quelques clics. Un client utilise des mots inconnus ? Ils peuvent s’ajouter à des catégories sémantiques (commande, adresse etc.) pour faire progresser le programme.

« La machine apprend à comprendre l’humain »

Les PME ont tout à y gagner. Développer un bot prend moins de temps et coûte moins cher qu'une app complexe. Pour Microsoft, si les bots remplacent de nombreuses apps, c’est tout bénef, alors que Windows peine sur ce front face à Android et iOS. Pour l’utilisateur, enfin, il s’agit avant tout de simplicité, notamment pour les seniors, parfois perdus sur le Web ou face à des millions d’app. Greg Sullivan, directeur de la communication de la division Windows et devices, résume l’avancée : « Pendant des années, l’humain a dû apprendre à comprendre la machine. Désormais, c’est la machine qui apprend à comprendre l’humain. »