Le créateur de Napster lance un réseau social pour «réparer la démocratie»

HIGH-TECH Les créateurs de « Brigade » espèrent que les utilisateurs partageront leurs opinions politiques comme ils partagent leurs photos sur Facebook ou Instagram…

M.C.

— 

Sean Parker en 2012.
Sean Parker en 2012. — AW3/WENN.COM/SIPA

A 19 ans, il créait Napster, le service de partage de fichiers en peer-to-peer qui allait changer la donne dans l’industrie musicale, avant de fermer à cause de ses ennuis judiciaires. Sean Parker, qui entre-temps a notamment joué un rôle crucial dans le développement de Facebook avant d’investir dans Spotify, est à présent l’un des initiateurs d’un projet ambitieux : « Brigade », un réseau social qui entend « réparer la démocratie ».

Aujourd’hui âgé de 35 ans, Sean Parker ne semble pas intimidé par l’ampleur de la tâche : aux Etats-Unis, estime-t-il, « la participation à la vie politique est si faible, les citoyens si peu engagés » que le moindre changement à la marge a « un impact énorme ».

Partager ses opinions politiques comme on partage ses photos

Concrètement, à partir de cet été, une version bêta du service permettra à « quelques centaines de milliers de personnes » d’accéder à une liste de questions d’actualité présentées comme un fil d’actualités. Pour chacune, ils auront la possibilité de cliquer sur « D’accord », « Pas d’accord », ou « Je ne sais pas trop », puis de comparer leurs réponses avec celles de leurs amis et les autres utilisateurs de Brigade.

S’appuyant sur le côté « fun » de leur réseau, les créateurs de Brigade espèrent que la même force qui pousse les utilisateurs à partager leurs photos sur Facebook ou Instagram les fera partager leurs opinions politiques. Ils promettent qu’à terme, leur réseau social permettra d’organiser des votes ou de contacter des élus du Congrès.

Le principe peut-il vraiment séduire les utilisateurs ? D’autres avant Brigade ont échoué, ce dont a conscience Sean Parker, lui-même auteur de deux essais à moitié transformés, appelés « Votizen » et « Causes ». Mais le milliardaire, qui a déjà contribué plusieurs fois à changer la face de l’Internet, n’est pas à l’abri de réussir.