Le portail internet Yahoo a invité lundi les internautes du monde entier à lui envoyer toutes sortes de données illustrant la Terre de 2006, pour enterrer une capsule de données dans la Silicon Valley et les émettre dans l'espace.
Le portail internet Yahoo a invité lundi les internautes du monde entier à lui envoyer toutes sortes de données illustrant la Terre de 2006, pour enterrer une capsule de données dans la Silicon Valley et les émettre dans l'espace. — Justin Sullivan AFP/Archives

High-Tech

Condamné à 10 ans de prison, un internaute chinois poursuit Yahoo!

JUSTICE – Il accuse le groupe américain d’avoir fourni des informations aux autorités...

L’an dernier, Wang Xiaoning a écopé de dix ans de prison. Le crime de cet internaute chinois? Avoir envoyé des emails prônant des réformes démocratiques et le multipartisme dans son pays. En Chine, la justice appelle ça «incitation à la subversion».

Mercredi, Wang et sa femme ont déposé une plainte devant une cour californienne contre Yahoo! et ses filiales chinoises. Le couple accuse le géant américain d’avoir fourni des informations qui ont aidé les autorités à identifier Wang. La plainte, soutenue par la World Organization for Human Rights USA, accuse de surcroît Yahoo! d’avoir bénéficié financièrement de sa «coopération» avec Pékin.

Identifier les dissidents

Pour le responsable du bureau Internet et Libertés de Reporters sans frontières, on est ici au-delà de la simple accusation. «Le verdict du procès chinois parle de l’action de Yahoo!», souligne Julien Pain. Et d’expliquer que, lorsque les autorités lui en font la demande, Yahoo! fournit mails, pièces jointes et surtout adresse IP de l’internaute, ce qui permet de l’identifier.

Dans l’absolu, Yahoo! fait en Chine ce que les acteurs Internet acceptent de faire dans tous les pays: collaborer à des enquêtes. Sauf que, précise Julien Pain «dans la majorité des cas, c’est pour arrêter des criminels. Mais en Chine, c’est pour mettre des dissidents et des journalistes en prison.»

Business is business


Dans un communiqué, Yahoo! s’est dit «désolé» que des Chinois (le plus connu étant le journaliste Shi Tao) aient été emprisonnés pour s'être exprimés sur l’Internet. Mais le groupe ajoute que les entreprises travaillant en Chine «doivent se plier à la loi chinoise, faute de quoi ses employés locaux risqueraient des sanctions pénales». Et accessoirement faute de quoi Yahoo ne pourrait pas faire de business en Chine.

«Presque toutes les entreprises acceptent les conditions chinoises. Google, par exemple, censure son moteur de recherche. Mais il le fait volontairement mal, et ne fournit pas d’informations aux autorités sur les internautes. Yahoo, en revanche, est prêt à tout» accuse RSF.

Mercredi, le titre Yahoo! a chuté de prêt de 12% à Wall Street. La conséquence de la plainte de Wang Xiaoning? Que nenni. Juste des résultats décevants.