Silk Road: La défense accuse l'ancien roi français du bitcoin, Mark Karpèles, qui dément

ETATS-UNIS Les avocats de Ross Ulbricht affirment que l'ancien roi du bitcoin était le cerveau de l'opération...

P.B. avec AFP

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Mark Karpèles, le PDG français de l'entreprise japonaise Tibanne, propriétaire du site d'échange de bitcoins MtGox.
Mark Karpèles, le PDG français de l'entreprise japonaise Tibanne, propriétaire du site d'échange de bitcoins MtGox. — TIBANNE

Planter le doute dans l'esprit du jury en présentant un autre coupable potentiel. Bien connue des fans de la série The Good Wife, la stratégie a été utilisée jeudi par les avocats de Ross Ulbricht, cerveau présumé du site Silk Road, considéré comme «l'eBay de la drogue», jugé à New York depuis mardi.

Selon les avocats de Ross Ulbricht, le véritable administrateur de Silk Road, connu en ligne sous son pseudo Dread Pirate Roberts serait... Mark Karpèles, le «supergeek» français au cœur du fiasco bitcoin de février dernier. L'équivalent de 400 millions de dollars s'était évaporé de son marché d'échange MtGox après une attaque informatique. Un dépôt de bilan avait suivi. Jeudi soir, Karpèles a démenti dans un email envoyé au site Motherboard: «Je ne suis pas Dread Pirate Roberts. Je n'ai rien à voir avec Silk Road. L'enquête a abouti à cette conclusion et c'est pour ça que je ne suis pas sur le banc des accusés.»

Karpèles un temps soupçonné par les enquêteurs

Un agent du département de la Sécurité intérieure, Jared Der-Yeghiayan, a ainsi admis devant la cour avoir dans un premier temps soupçonné Mark Karpèles à cause de sa position au sommet de l'infrastructure bitcoin, estimant que ses expériences précédentes de programmeur informatique en faisaient un suspect tout désigné.

L'enquêteur avait demandé en août 2013 un mandat pour pouvoir accéder aux comptes email du Français installé au Japon. Ce dernier a apparemment refusé de se rendre aux Etats-Unis en 2014 pour répondre à des questions sur l'effondrement de la plateforme MtGox.

Les enquêteurs ont balayé la stratégie de la défense, expliquant qu'ils avaient des preuves (notamment des emails et des transactions bancaires) incriminant Ross Ulbricht. Ils devront en convaincre le jury «au-delà du doute raisonnable»...