Apple admet avoir supprimé des morceaux des iPod de ses utilisateurs

Justice Apple qui doit répondre, depuis mardi, d'accusations d'abus de monopole dans la musique numérique, a évoqué des «mesures de sécurité»...

20 Minutes avec agence

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En 2007, Steve Jobs, alors patron d'Apple, avait jeté un pavé dans la mare en appelant les maisons de disques à autoriser le téléchargement de musiques sans systèmes de protection, afin de contrer les critiques adressées à son propre système iTunes.
En 2007, Steve Jobs, alors patron d'Apple, avait jeté un pavé dans la mare en appelant les maisons de disques à autoriser le téléchargement de musiques sans systèmes de protection, afin de contrer les critiques adressées à son propre système iTunes. — Paul Sakuma/AP/SIPA

Soupçonnée de pratiques anticoncurrentielles, l’entreprise est visée par un recours collectif dont le procès s’est ouvert, ce mardi, à Oakland, en Californie. Des clients, regroupés en class-action depuis 2005, reprochent, en effet, à Apple sa politique de commercialisation de la musique en ligne menée au cours des années 2000. Et dénonce la mise au point un environnement anticoncurrentiel via les fameux DRM («digital rights management» ou gestion des droits numériques)* imposés durant un temps par Steve Jobs. 

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Monopole et message d'erreur

En d'autres termes, un système DRM Fairpaly ou verrou numérique anticopie aurait imposé aux détenteurs d'iPods (les baladeurs mp3 d'Apple) de ne pouvoir acheter que la musique mise en ligne sur iTunes, la plateforme musicale d'Apple. Et inversement d'avoir protégé les fichiers disponibles sur iTunes de telle sorte que seuls les produits iPods pouvaient les lire.

Ainsi, d'après les plaignants lorsqu'un utilisateur chargeait sur son iPod un morceau de musique téléchargé dans une autre boutique qu'iTunes, par exemple Real Player, puis branchait son appareil sur son ordinateur, le lecteur affichait un message d'erreur l'invitant à réinitialiser ses paramètres.

«Protectionnisme malhonnête»

Apple aurait ainsi profité du processus pour supprimer les chansons concurrentes de l'iPod, sans en prévenir son utilisateur. Et si la firme à la pomme évoque des «mesures de sécurité» (confirmant donc par la même occasion ses pratiques anticoncurrentielles), les plaignants parlent, eux, de «protectionnisme malhonnête».

Et voilà qu'entrent en scène les emails du défunt PDG décédé en 2011, qui a d'ailleurs comparu dans une déposition vidéo posthume enregistrée. «Nous devons être sûrs que lorsque Music Match lance sa boutique de musique, ils ne pourront pas utiliser l'iPod», avait écrit Steve Jobs dans une lettre présentée lors du procès. 

Les plaignants réclament 350 millions de dollars de dommages et intérêts, somme qui pourrait être triplée si un abus de position dominante était avéré.

*Les DRM sont des mesures techniques de protection des contenus numériques mises au point pour lutter contre le piratage.