Les films et jeux en 3D «déconseillés» aux moins de 6 ans

HIGH-TECH L’agence publique chargée d’établir des recommandations sur la santé (Anses) avertit les parents…

20 Minutes avec AFP

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La New 3DS de Nintendo est en vente au Japon depuis le 18 septembre
La New 3DS de Nintendo est en vente au Japon depuis le 18 septembre — Koji Ueda/AP/SIPA

Attention, la 3D peut se révéler dangereuse. Les films et les jeux vidéo utilisant la technologie d'images en relief sont «déconseillés» aux enfants de moins de 6 ans et les jeunes, jusqu’à 13 ans, doivent en faire un «usage modéré», avertit ce jeudi l'Anses, l'agence publique chargée d'établir des recommandations sur la santé.

Développement du système visuel

La raison de cette restriction? Les «effets sanitaires, plus marqués» chez l'enfant que chez l'adulte, de la technologie 3D. C'est en effet durant l'enfance que le système visuel se «développe activement», ce qui le rend «plus vulnérable», explique l'agence.

«Le développement de ces technologies pose la question de leur impact éventuel sur la santé (...) en cas d'exposition prolongée, tout particulièrement pour les enfants et adolescents», justifie l'Anses.

«Bloquer» la fonction 3D des consoles 

Des fabricants comme Nintendo mettent déjà les parents en garde. «L'utilisation de l'affichage 3D par un enfant de six ans ou moins pourrait endommager sa vue», écrit par exemple cette firme japonaise qui conseille aux parents de jeunes enfants de «bloquer» la fonction 3D des consoles.

Ces dix dernières années, les technologies d'images en trois dimensions se sont beaucoup développées, au cinéma d'abord, puis à la télévision, sur les ordinateurs, les consoles de jeux et les téléphones portables.

Accommodation

La vision d'image en trois dimensions peut se traduire par une fatigue en raison de ce que les spécialistes appellent le «conflit accommodation/vergence».

Dans la réalité, pour avoir la perception du relief, les deux yeux «convergent» et font la mise au point (pour avoir une vision nette, ce que les spécialistes nomment «l'accommodation») sur une même zone, un même plan.

Fatigue visuelle

Ce n'est pas possible face à des images en trois dimensions: les yeux font la mise au point sur l'image, mais ils «convergent» à un point situé devant ou derrière l'écran, d'où une sensation d'inconfort qui peut se traduire par une fatigue.

Cette «fatigue visuelle» peut entraîner des douleurs autour de l'oeil, une sensation d'oeil sec, une vision double, des maux de tête, des douleurs au cou, voire se traduire par des pertes de concentration, et dans certains cas des vertiges.

Ne pas être trop proche des écrans

L'Agence recommande aussi aux adultes ayant certains troubles visuels (troubles de l'accommodation, de l'équilibre) de «limiter» le visionnage d'images en 3D.

Elle conseille enfin à tous les utilisateurs de «ne pas se mettre trop proches» des écrans, de conserver lunettes ou lentilles s'ils en portent et de respecter les consignes des fabricants.

Pour des images «de qualité»

L'Anses demande parallèlement aux créateurs de contenus 3D de «limiter les effets produits» et de produire des images «de qualité», tout en appelant au lancement d'études scientifiques pour mesurer «l'exposition» réelle de la population à ces technologies.

La Pr Béatrice Cochener du CHU de Brest, ophtalmologue spécialiste des questions de 3D, estime pour sa part que «la 3D au cinéma est très contrôlée avec des effets très peu importants et bien maîtrisés».

Pour ce qui est des jeux vidéo, «la plupart des fournisseurs» informent déjà des risques liés à un usage prolongé de la 3D, ajoute cette spécialiste. Elle alerte, en revanche, sur les «risques beaucoup plus importants» des nouvelles «lunettes à réalité augmentée» de type Google Glass, susceptibles, elles, de générer des «troubles sensoriels graves».