Bitcoin: Le Japon et les Etats-Unis se penchent sur la débâcle de MtGox

HIGH-TECH Des centaines de millions de dollars pourraient s'être évaporés et le flou juridique qui encadre la monnaie électronique complique les choses...

P.B. avec AFP
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Bitcoin, la monnaie virtuelle
Bitcoin, la monnaie virtuelle — Rick Bowmer/AP/SIPA

Le grand ménage va peut-être commencer. Alors que le bitcoin traverse sa crise la plus grave avec la fermeture –et la potentielle faillite– de l'une de ses principales plateformes d'échange, les autorités semblent décidées à s'en mêler.

Mercredi, les autorités japonaises enquêtaient sur le site MtGox dont le coffre-fort virtuel aurait pu laisser échapper jusqu'à 400 millions de dollars à cause d'une faille de 2011 exploitées pendant trois ans pour dupliquer des transactions. Aux Etats-Unis, un procureur de New York aurait de son côté émis une citation à comparaître à l'encontre du site qui gère aussi des activités de monnaie virtuelle aux Etats-Unis, selon le Wall Street Journal.

Flou juridique

Le problème, c'est qu'à la différence des monnaies traditionnelles, le bitcoin n'est pas encadré par des banques centrales et des régulations internationales. Les autorités japonaises sont longtemps restées sourdes à cette crise dans ce secteur nouveau, mais elles ont réagi mercredi pour la première fois. «Le ministère des Finances, l'Agence des services financiers et la police font des recherches à ce sujet pour comprendre le problème dans son ensemble», a expliqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

Tokyo a semble-t-il réagi après la large diffusion d'un document sur Internet, présenté comme un «plan de sortie de crise» de MtGox. D'après ce texte dont l'origine n'a pu être authentifiée, la firme se serait fait dérober via un piratage informatique près de 750.000 bitcoins, 6% de leur nombre total en circulation dans le monde. Cela représente quelque 440 millions de dollars aux cours affichés mercredi par les autres plates-formes mondiales de cette monnaie virtuelle.

MtGox réagit

Mercredi, le PDG de MtGox, le français Mark Karpèles, a publié un message sur le site de l'entreprise. Il affirme qu'il se trouve «toujours au Japon» et «travaille dur avec différents partis pour trouver une solution» de sortie de crise.

Cette débâcle est «un échec cuisant pour la communauté du bitcoin», a jugé Mark Williams, expert à l'université de Boston et critique de longue date. «Cela révèle ses failles structurelles et montre que l'auto-régulation ne fonctionne pas. Quand il y a beaucoup d'argent sur la table, il y a une forte incitation à la fraude et 100% des consommateurs sont en danger», a-t-il dit à l'AFP.