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«Tearaway», un jeu vidéo en papier cadeau

«Tearaway», un jeu vidéo en papier cadeau

JEUX VIDEO – L’un des meilleurs jeux vidéo sortis cette année sur la console portable de Sony déborde de créativité…
Joël Métreau

Joël Métreau

Bientôt le papier disparaîtra de la surface de la Terre, comme dans la série de mangas City Hall (chez Ankama). Nos notes ne seront plus que des reliques exhibées dans les musées. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes, qu’à l’heure du glissement vers le tout numérique, un jeu vidéo fasse l’apologie du papier. Dans «Tearaway» tout n’est que fibres de cellulose, les personnages comme le décor. Tout «Tearaway» (env. 25 euros) exsude le bonheur de cette matière, comme Régine chantait Serge Gainsbourg: «Laissez parler/Les p'tits papiers /A l’occasion/Papier Chiffon».




Des flaques naissent des éclaboussures de serpentins, les chutes d’eau se déroulent comme des rubans, les sentiers sentent le kraft, les écureuils jouent avec une boule de bristol, on collectionne les confettis, on part à la recherche des patrons, ensuite téléchargeables en ligne... Chaque niveau, toujours surprenant, de ce jeu de plateforme possède une identité propre, servie par l’usage du son, comme les bruits de gouttes dans les grottes, ou de musiques fantaisistes, de l’accordéon tzigane dans un laboratoire.

« Beautiful paper waterfall in Tearaway. https://t.co/PFzaS2T5zs — Tim Schafer (@TimOfLegend) 17 Novembre 2013 »

Pour donner un aspect réaliste et détaillé aux matières, le studio britannique Media Molecule à l’origine de «Tearaway» s’y connaît. Il s’est longuement exercé sur sa franchise phare, «Little Big Planet». Ici, le studio britannique a troqué son héros en toile de jute contre deux messagers, le masculin Iota, ou la féminine Atoi, aux choix. Ces enveloppes sur pattes ont pour mission d’apporter un message au joueur, intégré dans la narration.

La console exploitée à fond

Le jeu exploite parfaitement les fonctionnalités de la console portable qui l’accueille. Avec l’objectif de la caméra avant, le joueur apparaît dans le jeu, dans un encadrement circulaire. C’est le soleil, les personnages l’appellent le «VOU». C’est lui qui va aider le messager à progresser en le dirigeant, en écrasant les méchants Scraps et en agissant sur le décor. Avec la surface tactile arrière, il va bouger des blocs ou percer des matières avec ses doigts qu’on voit apparaître tels les index d’un Dieu vengeur.

Le joueur ne dirige pas seulement les messagers. Il est aussi responsable de l’univers. A intervalles réguliers, sa contribution est sollicitée pour participer à la création du monde. Sur la surface tactile avant de la PSVita, il doit dessiner des motifs. Créer une couronne pour un écureuil? Rendre une citrouille effrayante? A moins d’avoir des doigts de fée ou simplement du talent, le résultat est aussi ridicule qu’hilarant.

Pour décorer la robe d’un renne, voilà le joueur invité à prendre une photo de son environnement. Un cervidé aux couleurs des motifs du transport en commun où on se trouve. Pourquoi pas réenchanter le quotidien? A l’heure des sorties de nouvelles consoles, les possesseurs d’une PSVita peuvent s’accorder un répit sur leur portable. Ce jeu est un must. Un vrai «feel-good game», délicat, drôle et bourré de créativité.