Après s'être attaquée à la 4G, l’UFC-Que Choisir dénonce les déficiences de la 3G

TELEPHONIE 15 jours après avoir pointé du doigt les déficiences de la 4G à Paris, l’UFC-Que Choisir révèle aujourd’hui la dégradation des réseaux 3G dans l’Hexagone. Les mauvais élèves: Free Mobile et Bouygues Telecom…

Christophe Séfrin

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La dégradation du réseau 3G serait particulièrement notable chez Free Mobile, selon l'UFC-Que Choisir.
La dégradation du réseau 3G serait particulièrement notable chez Free Mobile, selon l'UFC-Que Choisir. — UFC-QUE CHOISIR

Le 5 novembre dernier, l’UFC-Que Choisir partait en guerre contre les abus des opérateurs autour du déploiement de leur réseau 4G à Paris. Aujourd’hui, l’association de consommateurs dénonce la dégradation de leurs réseaux 3G, suspectant une manoeuvre afin d’organiser une «transhumance forcée vers leur réseau 4G».

3040 mesures techniques

Après des mesures effectuées fin 2012, l’UFC est retournée sur le terrain pour actualiser son étude, réalisant en septembre et octobre 3040 mesures (21,3% de plus) en Ile-de-France, à Lille, Toulouse et Grenoble à partir d’iPhones 4S et de Samsung Galaxy S2. Les usages vidéo, audio et les téléchargements d’applications ont été observés à la loupe.

Vidéo: Free Mobile, lanterne rouge

Constat pour Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir: pour les services vidéo, les évolutions en moins d’un an sont «à géométrie variable». Ainsi, la dégradation serait généralisée sur l’usage de DailyMotion qui a servi de plateforme test, mais il existe une amélioration du service Free pour ce qui est de son réseau en itinérance avec Orange. Paradoxe cependant: la dégradation est particulièrement marquée sur le réseau propre de Free. «Free Mobile est bel et bien la lanterne rouge», indique l’UFC-Que Choisir. 

Audio et applications: freeture en ligne

Par ailleurs, l’UFC-Que Choisir dénonce une dégradation quasi généralisée sur l’utilisation de services audio, comme Deezer. Orange et SFR voient leur réseau se dégrader, mais Free Mobile voit sa hausse de «non qualité» passer de 18% en 2012 à 33% en 2013. Concernant le téléchargement sur les stores, c’est encore Free qui se fait remarquer, avec un taux de «non qualité» passant de 27% à 63%. Selon l’association de consommateurs, il est préoccupant que cette baisse soit constatée sur le réseau propre de Free, car à terme, seul ce réseau sera utilisé par ses abonnés (lorsque son contrat d’itinérance avec le réseau Orange sera échu, NDLR). En janvier 2015, Free devra ainsi couvrir 75% de la population avec son réseau propre. «Il y a fort à craindre que l’opérateur privilégierait l’étendue de sa couverture à son épaisseur », s’interroge Alain Bazot…

Les manoeuvres de Bouygues Telecom

L’UFC sent le vent venir. «Cette tendance nous laisse craindre un choix stratégique fait par les opérateurs qui serait condamnable s’il était avéré», tempête le président de l’association. Selon lui, «il y a tout lieu de penser qu’ils vont tout faire pour forcer les consommateurs à la transhumance vers la 4G». Autre signe de ce mouvement supposé, la disparition subite de la H+ (la version la plus performante de la 3G) des offres Bouygues Telecom. «Cela conduit immanquablement à une valorisation artificielle et provoquée de la 4G», s’inquiète l’UFC qui en appelle à la vigilance de l’organisme régulateur, l’Arcep, mais aussi aux consommateurs à travers une application capable de remonter des informations sur la qualité des réseaux. 

 

Free Mobile réagit, Bouygues ne dit mot

 Interrogé par 20 Minutes, Free Mobile indique que l’UFC «parait regretter le temps paisible de l’oligopole ». L’opérateur va saisir la justice contre l’association qui, selon lui, s’appuie «une nouvelle fois sur une étude partielle et partiale avec une méthodologie très contestable qui ignore la réalité de l’usage et tente d'accroitre sa notoriété au détriment de Free». De son côté, Bouygues Telecom nous a indiqué ne vouloir faire aucun commentaire...