Galaxy S IV: Samsung ne change pas un smartphone qui gagne

HIGH TECH Disponible à partir d'avril, le nouveau vaisseau amiral du constructeur coréen propose un hardware musclé mais fait du surplace...

Philippe Berry

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Le Galaxy S IV de Samsung, dévoilé le 14 mars 2013.
Le Galaxy S IV de Samsung, dévoilé le 14 mars 2013. — SAMSUNG

Samsung s'endort-il sur ses lauriers de numéro un mondial du smartphone? Avec le Galaxy S IV, présenté jeudi à New York, le Coréen a fait le choix de la continuité. Design quasi identique à celui du S III, dos en plastique cheap... Il prend un coup de vieux face à la qualité de fabrication de tous ses concurrents: HTC One, Sony Xperia Z, iPhone 5, BlackBerry Z10 ou Nokia Lumia.

Le hardware a pourtant de quoi séduire. Malgré un écran full HD (1080p) qui grimpe à 5 pouces, un processeur plus puissant (4 ou 8 cœurs, selon les pays) et une batterie d'ultra-haute capacité (2.600 mAh, soit 80% de plus que l'iPhone 5), il est légèrement plus compact et plus léger que le S III, en rognant sur les bords. S'il n'est pas sexy, il a l'avantage d'être fonctionnel avec une batterie amovible et un port micro-SD qui permet d'ajouter 64 Go de stockage à la mémoire embarquée, ce qui est rare chez les concurrents qui mise sur un design «unibody».

Des fonctions qui tournent au gimmick

«La vraie déception, c'est que le S IV n'apporte aucune fonction vraiment innovante», confie à 20 Minutes l'analyste de Gartner, Van Baker. A Broadway, Samsung s'était payé un orchestre et a fièrement montré comment on pouvait manipuler le téléphone sans le toucher avec des gestes aériens. Le contrôle oculaire est –pour l'instant– basique: une vidéo se met en pause quand les yeux quittent l'écran et il est possible de scroller en inclinant le smartphone vers l'avant ou l'arrière. «Tout ça tourne un peu au gimmick. C'est fun mais combien de fois l'utilisateur va-t-il vraiment utiliser ces fonctionalités?», s'interroge Baker.

Samsung a également fortement mis en avant la photo. Le S IV continue malheureusement la course aux pixels (13 millions) alors que Nokia et HTC ont montré qu'il était possible d'obtenir de bien meilleurs résultats en faibles conditions lumineuses avec des capteurs de moins haute résolution complètement repensés.

Samsung mise encore sur un mode vidéo dual qui intègre en vignette le flux de la caméra frontale à celui de l'optique principale, sur des photos accompagnée d'un enregistrement audio et sur des images partiellement animées façon Cinemagram. Le téléphone embarque enfin un podomètre et des capteurs de température et d'humidité pour devenir un coach de fitness.

Apple soulagé

Sous pression alors que Samsung l'a dépassé en dépenses publicitaires sur le marché américain, «Apple peut respirer», estime l'expert. Certains analystes spéculent sur 18 prochains mois difficiles pour l'entreprise américaine si elle ne sort qu'un iPhone 5S à l'innovation marginale cet automne.

Alors que le hardware semble atteindre un plateau, il reste de la place pour innover sur le software. La reconnaissance vocale laisse encore à désirer et Van Baker attend «des smartphones vraiment plus intelligents» qui deviendront «de véritables assistants personnels grâce à des informations mieux contextualisées». Sur ce front, Google Now et Siri n'en sont encore qu'au stade embryonnaire. A moins de devoir impérativement remplacer son téléphone aujourd'hui, mieux vaut attendre mai et juin pour voir ce que Google et Apple réservent avec Android 5.0 et iOS 7.

Etes-vous déçus par ce S IV ou estimez-vous que Samsung a raison de privilégier la fonctionnalité à l'approche sexy de l'iPhone?