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Et si «Hangouts», l'outil de chat vidéo de Google, parvenait à faire décoller Google+?

Et si «Hangouts», l'outil de chat vidéo de Google, parvenait à faire décoller Google+?

HIGH TECHBarack Obama, Alicia Keys, ou encore la Nasa ont récemment donné rendez-vous aux internautes sur la plate-forme pour des visio-conférences inédites. Des événements qui se multiplient ces derniers mois et que Google met en avant...
Anaëlle Grondin

Anaëlle Grondin

C’est indéniable. Depuis son lancement en juin 2011, Google+ souffre d’un déficit d’image. Combien de fois l’an passé le réseau social du géant de Mountain View a-t-il été qualifié de «ville fantôme»? Pire, de Facebook bis? «Je pense que ça sert à rien d'avoir à la fois un compte Facebook et un compte Google+. Ce sont deux réseaux sociaux qui proposent les mêmes services», commentait en mai dernier un internaute sur le site Newsring. Une autre affirmait au cours du même débat: «Le marché des réseaux sociaux est déjà bien encombré (...) Il me semble que le problème de Google+ réside dans son manque d'originalité.»

«Il ne se passe pas grand-chose, alors que j’ai plus de 30.000 abonnés»

Résultat? Malgré des outils aboutis et sympas, la plate-forme compte «seulement» 135 millions d’utilisateurs actifs par mois, se plaçant très loin derrière Facebook qui en enregistre un milliard. «Google+ compte encore beaucoup d’early adopters, de fans de produits Google, de professionnels du Web. Quand je vais sur la plate-forme, je vois bien qu’il ne se passe pas grand-chose, alors que j’ai plus de 30.000 abonnés», commente pour 20 Minutes Eric Dupin, blogueur et fondateur du site spécialisé Presse Citron. «Ca reste confidentiel. Google+ ne décolle pas».

Mais cela pourrait bien changer cette année. L’outil de visio-conférence du réseau social, qui permet de réunir jusqu’à dix personnes en même temps en chat vidéo, commence depuis quelques mois à faire parler de lui. Les rendez-vous avec des personnalités du monde du sport, de la musique ou de la politique se multiplient. La consécration: les 31 janvier et 14 février derniers, Barack Obama, qui entretient son image de président moderne et connecté, a choisi de répondre aux questions des Américains sur Google Hangouts. Il était possible de suivre son intervention sur YouTube (qui appartient aussi à la firme de Mountain View), mais il fallait en revanche être inscrit sur Google+ pour avoir une chance de pouvoir s’adresser au président américain.

«On est passé à une vitesse supérieure»

De la même manière, le PSG et l’OM ont organisé un «hangout» jeudi soir avant le match entre les deux clubs dimanche, et l’agence spatiale américaine (Nasa) doit utiliser l’outil de chat vidéo de Google ce vendredi pour permettre aux internautes de poser leurs questions à deux astronautes qui se trouvent en ce moment sur la Station spatiale internationale (ISS). «On constate un enthousiasme débordant ces derniers temps. Au niveau de l’activité, on est passé à une vitesse supérieure», nous affirme Raphaël Goumain, directeur marketing grand public chez Google, sans toutefois délivrer des chiffres sur les usages.

Le «Googler» explique que l’entreprise «poussait beaucoup» à l’utilisation de Hangouts au départ, en discutant par exemple avec des marques ou les labels avec qui elle travaille déjà sur YouTube pour les inciter à mettre en place dans leur plan promo des chats vidéo avec des artistes. Google France a récemment contacté Cinq7 pour organiser un rendez-vous avec le chanteur Tété. A l’international, Alicia Keys a fait une visio-conférence en janvier à l’occasion de sa nouvelle tournée. Raphaël Goumain affirme que les initiatives ne viennent plus systématiquement de Google aujourd’hui, mais la firme continue tout de même à communiquer sur «Hangouts» dès qu’un événement se présente. «Elle ne suffirait pas faire tenir Google+, mais c’est vrai qu’il s’agit d’une fonctionnalité majeure» sur la plate-forme, reconnaît Raphaël Goumain. «C’est un point d’entrée sur le réseau social».

«Il suffit d’avoir du réseau et ça fonctionne»

Denis Verloes, responsable des projets web et mobiles chez TV5 Monde, a été séduit par Google Hangouts. Il organise depuis septembre 2012 «#lelaboratoire», un podcast en direct tous les quinze jours le vendredi matin, avec la participation de journalistes et experts du Web, prêts à dégainer leur chronique devant leur Webcam. «Quand on regarde l'histoire de Google, c'est toujours par la petite porte qu'ils ont imposé leurs outils. Gtalk personne n’en voulait face à MSN. Et en mettant un peu de Gtalk partout, on s’est mis à l’utiliser progressivement. Google est en train de faire pareil, doucement, avec Google+, en nous filant des outils sympas, comme Hangouts», estime Denis Verloes. «C’est une fonctionnalité géniale, je m’en sers régulièrement, s’enthousiasme de son côté Eric Dupin de Presse Citron. Je ne me pose plus la question de l’outil que je vais utiliser. Quel que soit l’endroit et l’appareil (PC, iPad, smartphone), il suffit d’avoir du réseau et ça fonctionne. C’est très simple à utiliser et c’est fluide.»

Le blogueur concède: «Si Google parvient à faire converser des personnalités très connues avec les internautes, ces rendez-vous vont probablement l’aider. Google+ va réussir à gonfler son nombre d’inscrits». Mais Eric Dupin a du mal à imaginer que la plate-forme sociale puisse un jour «rattraper Facebook et le remplacer» pour les publications de photos et de statuts. «Supplanter Skype pour des usages de particuliers entre eux, j’y crois beaucoup plus», conclut-il.