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L'innovation smartphone au point mort

L'innovation smartphone au point mort

HIGH-TECHL'iPhone 5, comme la plupart des modèles sortis depuis deux ans, peine à surprendre...
Philippe Berry

Philippe Berry

L'iPhone 5 est le téléphone qu'Apple aurait dû sortir l'an dernier. Par de nombreux aspects (grand écran, 4G, navigation au tour par tour, photo panoramique), il ne fait que rattraper son retard sur les smartphone Android et Windows Phone. D'un point de vu industriel, il s'agit pourtant d'une fantastique pièce d'ingénierie: un ordinateur surpuissant moins volumineux qu'une tablette de chocolat, qu'on contrôle du bout des doigts et par la voix. C'est Wired qui résume le mieux la situation: au final, cet iPhone 5 est «complètement extraordinaire et totalement ennuyeux».

La révolution smartphone s'est appuyée sur trois piliers: une connexion permanente à Internet, une interaction facilitée par le tactile et la puissance des apps. «Depuis, on n'a eu qu'une innovation incrémentale. Un peu plus grand, un peu plus léger, un peu plus puissant... L'évolution ralentit», reconnaît l'analyste de Gartner, Van Baker.

Ecrans flexibles

Côté hardware, certaines technologies sont pourtant prometteuses. L'écran flexible OLED, par exemple, devrait permettre de construire des smartphones beaucoup résistants aux chutes. Nokia avait présenté un prototype bluffant fin 2011. De son côté, LG a annoncé, cet été, que la production de masse devrait démarrer mi-2013.

Les puces NFC existent, elles, depuis un moment mais peinent à décoller. Outre le paiement sans contact, elles permettent une interaction entre le smartphone et d'autres périphériques équipés (un kiosque de musée pour récupérer un guide, une bande-annonce ciné à un abribus etc). Mais dans une ville comme Los Angeles, il faut encore chercher sur Internet pour trouver une des rares boutiques acceptant les paiements via Google wallet. «Apple a estimé que la technologie n'était pas assez mature», estime Baker. Qui relève un paradoxe: Apple veut qu'elle soit plus répandue avant de l'adopter mais elle a besoin d'Apple pour se démocratiser.

Alors que le smartphone est en train de devenir une extension de notre cerveau, un gros point noir subsiste: la batterie. Des progrès sur les réactions chimiques autour de l'hydrogène (comprendre: moins explosives) sont cependant porteurs d'espoir. Fin 2011, Apple a déposé un dossier pour obtenir un brevet sur une technologie qui permettrait, à terme, d'avoir une autonomie de plusieurs jours voire plusieurs semaines.

Le chargement par induction, enfin, a été adopté par Nokia sur le Lumia 920. Mais Phil Schiller, pour Apple, explique au Wall Street Journal que les avantages ne sont «pas évidents». Il relève qu'il faut en effet brancher la base sur le secteur.

Révolution logicielle

Si des nouveautés hardware devraient doucement arriver, Van Baker mise surtout sur des avancées logicielles. «Etre connecté au cloud, ce n'est que le début», prédit-il. Géolocalisation, recommandation par intérêt, intelligence artificielle... «Le smartphone va finir par nous connaître au point de suggérer des choses avant que nous y pensions», spécule-t-il.

Siri a posé les jalons de l'assistant intelligent. Le service Google Now, disponible aux Etats-Unis, offre un aperçu embryonnaire d'un potentiel encore plus grand. Quand on cherche, par exemple, l'adresse d'un restaurant sur son PC, le soir venu, l'itinéraire est déjà prêt sur son smartphone, sans toucher à rien. Son équipe de foot préférée joue? Au coup de sifflet final, le résultat s'affiche. Un voyage à l'étranger? A l'atterrissage, le téléphone présente le taux de change et l'heure des deux fuseaux horaires. On ne cherche plus l'information, elle vient à nous.

Au final, quel que soit le packaging, le smartphone a encore de beaux jours devant lui. Selon Baker, la prochaine révolution pourrait venir dans un format complètement différent. Avec les lunettes du Project Glass, Google a déjà placé ses pions.