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Les cartes Pokémon les plus chères sont désormais imposables

Les collectionneurs de cartes Pokémon dans le viseur du Fisc ?

Méga-SangsueAlors que les objets de collections sont soumis à des règles fiscales bien particulières, certaines cartes Pokémon vont devoir être déclarées au Trésor public
Rémi Capdevielle pour 20 Minutes

Rémi Capdevielle pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Les cartes Pokémon, lancées en 1996, sont devenues des objets de spéculation atteignant des sommes considérables, comme la carte « Pikachu Illustrator » vendue 5.275.000 dollars à Logan Paul en 2022, tandis qu’en France, un Dracaufeu s’est vendu 11.904 euros en 2021.
  • Bien que 8 % de la population française collectionne des cartes Pokémon, l’administration fiscale ne les reconnaît pas comme « objets de collection » et impose une taxe de 36,2 % sur les plus-values des ventes supérieures à 5.000 euros.
  • Deux exceptions fiscales existent : les cartes présentant un intérêt « historique ou ethnographique », selon l’article 98 A du CGI, qui peuvent être soumises à déclaration, et les cartes neuves sous vide, qui ne sont pas considérées comme « objets de collection ».

Elles ne coûtent que quelques centimes à la production, mais elles peuvent rapporter jusqu’à plusieurs millions de dollars à leur propriétaire. Depuis leur lancement officiel en 1996, les cartes Pokémon sont devenues de vraies œuvres d’art, et leur valeur a connu une ascension fulgurante. Si les cartes à collectionner sont soumises à un cadre fiscal particulier en France, les règles évoluent selon les usages. Résultat : Les cartes Pokémon les plus chères sont désormais dans le collimateur du Trésor public.

Pikachu et Dracaufeu dans le viseur du Fisc

Bien avant les cartes Pokémon ou les cartes Magic : The Gathering, les cartes de joueurs de baseball, de basket, de football américain ou de hockey faisaient déjà l’objet des plus folles spéculations. Depuis, les cartes à collectionner ne s’échangent plus dans les cours de récréation, mais lors d’évènements nationaux ou sur des sites d’enchères spécialisés. Et plus elles sont rares, plus elles sont chères. Si la plupart des cartes ne valent que quelques centimes, voire quelques euros, certaines d’entre elles peuvent atteindre des montants exorbitants.

La palme revient à la carte « Pikachu Illustrator » de 1998. Imprimée à 39 exemplaires dans le monde, elle a été vendue aux enchères en 2022 pour la modique somme de 5.275.000 dollars au célèbre youtubeur Logan Paul. Un prix qui a fait entrer l’objet au Guinness Book des records comme la carte Pokémon la plus chère de l’histoire, avant d’être remis en vente récemment. En comparaison, la carte Magic : The Gathering la plus chère est un Lotus Noir édition Alpha de 1993, vendue aux enchères en 2024 pour « seulement » 3 millions de dollars. En France, les montants sont moindres, mais l’engouement est similaire. En juin 2021, un collectionneur français a déboursé 11.904 euros pour s’offrir un Dracaufeu rarissime, noté 9 par PSA, lors d’une vente aux enchères à Troyes (Aube). Un record en France.

36,2 % d’imposition et exceptions fiscales

D’après une enquête menée par eBay et YouGov en 2023, 8 % de la population française collectionne des cartes Pokémon, soit près de 4 millions de Français. Pourtant, selon une mise à jour du bulletin officiel des finances publiques (le BOFIP) datant de 2024, ces cartes ne sont pas reconnues par l’administration fiscale en tant qu' « objets de collection », comme les timbres ou les cartes postales. Au-delà de 5.000 euros de vente, il faudra donc payer 36,2 % d’impôts sur la plus-value. En dessous de cette somme, leur statut fiscal entre plutôt dans la case des « biens de consommation courante », à deux exceptions près.

Selon l’article 98 A du CGI, si la carte présente un intérêt « historique ou ethnographique », elle tombe sous le coup d’une imposition. Il peut s’agir, par exemple, d’une première impression ou d’une carte exclusive liée à un événement bien précis. Elle peut alors être soumise à une obligation de déclaration auprès du Trésor public. Autre subtilité : Une carte mise sous vide dès l’ouverture d’un pack est considérée comme neuve. Pourtant, un objet neuf, s’il n’est pas parfaitement unique, comme un tableau, ne peut pas être considéré comme un « objet de collection ». De quoi y repenser à deux fois avant de vendre sa plus belle carte.