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Pourquoi « Metroid Prime 4 : Beyond » est-il décevant ?

Des graphismes datés, une aventure creuse… Pourquoi « Metroid Prime 4 : Beyond » déçoit autant

Déception intergalactiqueDix-huit ans après la sortie du dernier opus, « Metroid Prime 4 : Beyond » débarque avec son lot de déceptions. Les fans de la licence auraient mérité mieux
Tom Comminge

Tom Comminge

L'essentiel

  • Metroid Prime 4 : Beyond est arrivé sur les consoles Nintendo Switch le 4 décembre dernier.
  • Dix-huit après le dernier opus, le jeu aurait dû raviver les fans de la licence et les nouveaux venus. Pourtant, le titre de Retro Studios ne casse pas trois pattes à un canard.
  • Malgré certaines qualités, Metroid Prime 4 : Beyond souffre de graphismes datés, de paysages plats et d’un level design hasardeux. Les personnages sont également anecdotiques, voire pour certains barbants.

Attendre dix-huit ans un nouvel opus de la saga Metroid Prime pour ça ? Les fans méritaient sûrement mieux. Le retour de la guerrière intergalactique Samus Aran aurait dû faire bondir toutes les générations de gamers. Annoncé à l'E3 2017, Metroid Prime 4 : Beyond avait tout pour ravir les fans, d’autant plus que le titre précédent de la saga était sorti dix ans auparavant. Pendant le développement, les années ont passé, et les galères se sont enchaînées.

A l’origine géré par Bandai Namco Singapour Studios, le jeu a subi un reboot total en 2019 à la demande de Nintendo. C’est finalement Retro Studios, le studio à l’origine de la trilogie originale Metroid Prime, qui a récupéré le flambeau. Ce changement radical en disait déjà long à l’époque sur la difficulté de ressortir la franchise de l’ombre. Metroid Prime 4 : Beyond est finalement sorti le 4 décembre dernier sur les Switch 1 et 2. Est-ce pour le plus grand plaisir des joueuses et joueurs ou pour leur plus grand malheur ? La frontière est mince. Le jeu a évidemment des côtés positifs, mais ici, on parle de ce qui fâche.

Metroid Prime 4 : Beyond n’est pas beau

Avec la sortie de la Nintendo Switch 2 et ses améliorations graphiques, on s’attendait à un jeu offrant des visuels impressionnants. D’autant plus que l’intrigue se passe dans des zones naturelles. Pourtant, Metroid Prime 4 : Beyond est bien loin du compte. L’esthétique de cet opus est datée et laisse vraiment à désirer. Son plus gros point faible : le désert. Cet espace complètement vide sert uniquement de pont entre les différentes zones principales. Il détruit complètement le level design qui avait fait le succès des anciens Metroid Prime.

Le désert est plat, laid et n’apporte aucune plus-value. Même la moto, qui n’offre aucune sensation, n’arrive pas à rendre cette zone intéressante. Dans l’ensemble, le jeu n’offre pas non plus une expérience visuelle dantesque. Rappelons que la Switch 2 est désormais capable de faire tourner des jeux comme Assassin’s Creed Shadows ou encore Cyberpunk 2077. On est certes loin des capacités d’une PS5 ou d’un PC gaming, mais Metroid Prime 4 : Beyond nous laisse une impression d’un jeu de 2010.

Un scénario et des personnages plats

Metroid Prime 4 : Beyond a fait le pari de repartir sur une nouvelle base scénaristique. Le jeu reprend très peu d’éléments établis dans les précédents opus. De quoi laisser l’opportunité aux nouveaux adhérents de découvrir la licence sans être perdu dans l’intrigue. On retrouve tout de même Sylux, le soi-disant grand méchant de l’histoire, que l’on découvrait dans Metroid Prime Hunters sorti en 2006. Cet antagoniste fade est l’exemple parfait d’un jeu creux et sans profondeur.

Dans Metroid Prime 4 : Beyond, ce sont surtout les missions et les personnages qui pèsent sur l’expérience. Au lieu d’une aventure solitaire et mystérieuse, le jeu nous colle souvent des missions d’escorte basiques et hors sujet, où l’on passe plus de temps à protéger des alliés qu’à explorer en tant que Samus. Ces missions cassent totalement le rythme et s’éloignent des aventures des Metroid classiques. Ces phases sont bien évidemment les plus ennuyeuses de l’aventure. Côté personnages, Retro Studios introduit une bande de compagnons, notamment l’ingénieur McKenzie, dont les dialogues tombent fréquemment à plat et parasitent l’immersion. Leur écriture, souvent clichée ou lourde, n’enrichit ni le scénario ni le gameplay. C’est barbant, au point de frustrer plutôt que d’intéresser, même si leur présence reste limitée dans l’ensemble de l’histoire.

La rubrique Gaming

Cerise sur le gâteau, Nintendo prend les joueuses et joueurs pour des assistés. Le jeu multiplie les prises par la main, affichant les objectifs et les objets à trouver sans jamais laisser le temps de se perdre ou de réfléchir par nous-même. Cet aspect gâche totalement le rôle de chasseur de primes autonome qui a fait de Samus Aran l’un des personnages de jeu vidéo les plus appréciés.