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Insultes et sexisme en ligne… Des streameuses dénoncent

Sur Instagram et TikTok des streameuses dénoncent le sexisme dans les jeux vidéo compétitifs

Ras la manetteDepuis plusieurs mois, des streameuses diffusent sur leurs réseaux sociaux des extraits de leurs lives sur Twitch, dans lesquels elles subissent des insultes sexistes. Un moyen pour elle de mettre en avant ces comportements pour mieux les dénoncer
Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Les canaux vocaux dans les jeux vidéo en ligne sont souvent pollués par des joueurs qui insultent ou ont des propos discriminants.
  • Des streameuses n’hésitent pas à publier des vidéos de joueurs aux propos violents sur leurs réseaux pour dénoncer ces comportements.
  • Elles ne veulent pas céder à cette pression, et veulent aider à créer un monde du jeu vidéo dans lesquelles les femmes pourront se sentir à l’aise.

Vous êtes fans de Call Of Duty, Valorant, League of Legends et vous êtes une femme ? Alors vous avez beaucoup de courage… Car les insultes sexistes pullulent dans les chats vocaux de ces jeux en ligne à l’esprit très compétitif. Et comment être sûre que les signalements seront bien pris en compte par les éditeurs de vos jeux préférés ?

Pour lutter contre ce sexisme ambiant, des streameuses ont pris le parti de mettre en avant les propos de certains joueurs, en postant des extraits de leurs lives sur TikTok ou Instagram.

Sexisme ambiant

Ça va des réflexions bien açantes du type : « Les jeux vidéos ce n’est pas pour les filles ! » ou « Tu te débrouilles pas trop mal pour une fille ! ». Et ça peut aller jusqu’à des insultes du genre : « Qu’est-ce qu’elle fout là elle, on va lui montrer que c’est pour les hommes le jeu », « la p’tite streameuse avec sa bouche à p*** là » ou le très courant « Sale ch*enne ».

Des streameuses comme BluenBlue vivent cela au quotidien. Le jeu de prédilection de la jeune femme de 24 ans c’est Valorant, de l’éditeur Riot Games (League of Legends), dans lequel la stratégie en équipe est essentielle pour progresser. Lorsqu’on y joue seul, on est intégré dans une équipe avec des joueurs sélectionnés au hasard, « le plus souvent des hommes, même s’il y a quelques femmes » précise la créatrice de contenu. Problème : lorsqu’on est une femme et que l’on parle dans le canal vocal, les réactions sont très souvent négatives : « Cela peut arriver que dès que j’ouvre la bouche, certains joueurs décident de quitter la partie parce qu’ils ont compris que je suis une femme. »

Mettre la lumière sur ces comportements

Mais BluenBlue ne veut pas céder. Alors elle poste des extraits de ses lives dans laquelle des joueurs ont des comportements misogynes. « Si je poste ces clips, c’est parce que je veux montrer aux femmes qu’elles ne sont pas seules », nous confie-t-elle. Elle qui, il y a huit mois, n’avait jamais touché à un jeu vidéo, a commencé à faire des lives pour se sortir d’un quotidien difficile. « J’ai été très choquée par la violence sur les jeux, et surtout par sa banalisation. Et les femmes sont les premières à la subir, même si les minorités sont aussi concernées. » Un jour, alors qu’elle organisait un tournoi sur Valorant, accessible à tous, un joueur est venu pour la menacer de viol, elle et toute sa famille : « J’ai dû arrêter mon live, c’était très violent. Et quand j’ai débuté je pleurais tous les jours à cause de ce genre de comportements. »

Face à cette violence, l’ancienne RH qui gère bien les relations humaines a plutôt tendance à couper le micro des joueurs « même si ça rend la communication et la partie plus difficile ». « Je comprends que certaines répondent elles aussi en insultant. C’est tellement pesant... Mais je préfère tenter d’apaiser les choses. Et si ça ne fonctionne pas, je coupe le micro des joueurs, et je les signale. »

Malheureusement, cela est souvent sans conséquence. Si la personne ne vous a pas ouvertement insultée, votre demande ne sera pas prise en compte. BluenBlue regrette « que Riot Games ne fasse pas plus de prévention. »

Prouver que c’est possible

La streameuse considère que la violence verbale est beaucoup trop banalisée dans les jeux, comme en témoignent certains des commentaires sous ses vidéos : « Tu joues à Valorant, à quoi tu t’attendais ? », « Tu n’as qu’à couper le micro des joueurs, ou alors change de jeux ». Mais de son point de vue, ce n’est pas à elle « de s’habituer à cette violence », mais plutôt à la communauté des joueurs de changer de mentalité et de comportement.

La créatrice de contenu fait aussi face à un autre défi qui concerne toutes les joueuses : prouver son niveau de jeu. Dès qu’elle se retrouve dans des équipes avec des hommes sexistes, BluenBlue se sent « obligée d’être la meilleure de la partie ». Heureusement que son objectif est de devenir professionnelle.

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Et faire du buzz n’est pas ce que la streameuse recherche : « Certes ça me permet de faire de la prévention, mais je préférerais faire une vidéo TikTok à un million de vues dans laquelle je m’amuse et où je fais des blagues. Je ne veux pas que ce soit ça l’image de ma chaîne. »