OM-PSG: «L'excellence sur le terrain va tout entraîner», McCourt et Eyraud font le point sur leur projet
FOOTBALL•Après quatre mois à la tête de l'OM, les nouveaux actionnaires tirent un premier bilan...20 Minutes avec AFP
Du bichonnage des supporters à la formation balbutiante, le propriétaire de l'Olympique de Marseille Frank McCourt et son président Jacques-Henri Eyraud font le bilan de quatre premiers mois d'un duo qui promet que «le meilleur est à venir» alors que se profile dimanche le clasico contre le Paris SG.
Pouvez-vous dresser un premier bilan après quatre mois ?
Frank McCourt: «La plus grande chose qu'a réussie l'OM dans mon esprit jusqu'ici est de trouver cet alignement entre propriétaire, PDG, directeur sportif (Andoni Zubizarreta) et entraîneur (Rudi Garcia). Notre travail d'équipe est excellent jusqu'ici. Cela m'a pris trois ans à LA (son ancienne équipe de baseball des Los Angeles Dodgers) pour trouver cet alignement, du temps perdu.»
Jacques-Henri Eyraud: «On peut toujours mieux faire lors d'un mercato mais je crois que nous avons atteint nos objectifs. C'est néanmoins une longue marche. L'objectif principal reste le mercato d'été, il doit nous permettre de boucler le renforcement de notre équipe pour notre première saison complète à la tête de l'OM.»
Votre projet inclut l'expérience vécue par les fans. Comptez-vous dupliquer un modèle de sport US ?
FMC: «Au bout du compte, c'est leur équipe, je pense que certaines fois les gens qui ont détenu ce club ont oublié qu'ils n'en étaient pas vraiment les possesseurs mais les serviteurs. La meilleure chose pour améliorer l'expérience des fans est de gagner. Dans le stade, nous pouvons faire beaucoup de choses, comme créer des lieux où se réunir. Pendant le match nous pouvons beaucoup améliorer au Vélodrome le son, la lumière, l'expérience audiovisuelle. Il ne s'agit pas de créer un show qui soit une distraction du sport, mais un show qui renforce et approfondit l'expérience des fans.»
Et en dehors du stade ?
JHE: «Il faut créer un lien permanent entre nos supporters et le club à travers les innovations du digital. Nous voulons aller vite et commencer dès cet été à développer des choses nouvelles.»
En restructurant l'organigramme du club, n'avez-vous pas taillé trop large ?
JHE: «Avant de prendre ce club en mains, Frank et moi avions rencontré beaucoup de gens pour nous imprégner de ce qu'est l'Olympique de Marseille, sa tradition. Ensuite, il fallait montrer des signes forts sur la façon dont on devait adapter l'organisation à notre projet. Chacun jugera si on est allé trop loin, mais nous sommes très respectueux des gens qui ont amené l'OM là où il est arrivé. Mais il y avait besoin d'un nouveau souffle.»
Et vous teniez à le faire vite ?
FMC: «Oui. Il faut réussir cela sur une période très courte, et à partir de là vous pouvez commencer à construire vraiment, donner l'élan.»
JHE: «Quand vous prenez en charge une organisation, nous pensons Frank et moi que les 100 premiers jours sont essentiels à la réussite à long terme du projet.»
FMC: «Beaucoup de changements ont été effectués, mais beaucoup de personnes sont restées en place. Le genre de PDG que je veux doit être capable d'avoir des jugements individuels vis-à-vis des objectifs de l'entreprise, pas des jugements en général. C'est une qualité qu'a Jacques-Henri, cruciale pour bâtir une organisation. Choisir, c'est ce que fait un PDG. Andoni fait cela à son échelle, Rudi aussi, c'est ce que font les leaders.»
Comptez-vous augmenter les prix au stade, notamment en virage ?
FMC: «Je ne pense pas que la façon d'avancer pour ce club repose sur le prix des billets. La stratégie est plutôt d'injecter assez de capital pour acheter les talents, tout en consacrant aussi du capital au système de formation. L'excellence sur le terrain va tout entraîner, apporter plus de fans, plus de sponsors, plus de revenus des télévisions... Cela surpassera de loin tout ce que nous pourrions gagner en augmentant le prix des places.»
Vous voulez également développer la formation, mais l'OM est classé 22e des centres en France...
JHE: «Nous connaissons nos faiblesses et nos forces, et nous savons ce que nous devons faire. Nous devions, comme toujours, commencer par améliorer l'encadrement, apporter l'expertise du plus haut niveau possible avec Andoni Zubizarreta et son équipe pour, au final, bâtir un centre de formation de niveau mondial.»
FMC: «C'est une mauvaise et une bonne nouvelle. Etre classé 22e, c'est inacceptable, mais il y a beaucoup de place pour progresser. Nos installations sont très en-dessous du niveau requis. Nous avons fait l'analyse, nous sommes en train de prendre des décisions à ce sujet.»



















