OM-OL: Perspective, tests et marge d'erreur... Alors, elle est fiable à 100%, la goal line technology?

FOOTBALL Elle a suscité l’ire des supporters lyonnais dimanche soir au Vélodrome…

William Pereira

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«Elle est rentrée d'au moins un mètre»

«Elle est rentrée d'au moins un mètre» — BORIS HORVAT / AFP

Il était parti tout doucement, cet Olympico. Pas de folie ni de grosse occasion jusqu’à la 7e minute, moment choisi par Rybus pour créer le déséquilibre dans la défense marseillaise et servir Maxwell Cornet dans la surface. L’attaquant lyonnais est à deux doigts de marquer un but gag, mais Yohann Pelé repousse de justesse le ballon sur sa ligne.

La montre de l’arbitre n’a pas vibré, lui indiquant de ne pas accorder le but. Néanmoins, il y a de quoi se poser des questions. Car si la goal-line technology (GLT) a jugé que le ballon n’avait pas franchi la ligne du portier phocéen, l’illustration générée par cette même technologie laisse un doute quant à la véracité de cette décision.

Le décalage entre la prise de vue TV et la représentation générée par les caméras de la goal line technology  a enflammé la twittosphère, qui s’est aussitôt mise à douter de sa fiabilité.

Alors, la goal line technology s’est-elle plantée ? C’est précisément ce qu’on a essayé de découvrir.

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Concrètement, comment fonctionne la GLT ?

Le principe du système proposé par la société Goal Control, celui qui nous concerne et qui a déjà été utilisé pendant la Coupe du Monde 2014, repose sur plusieurs paramètres.

  • Chaque but est couvert à 360° par sept caméras à haute vitesse fixés au niveau du toit du stade.
  • Ces caméras sont liées par fibre optique à des ordinateurs équipés de logiciels Goal Control.
  • Ces logiciels détectent UNIQUEMENT le ballon en prenant en compte sa couleur et ses dimensions.
  • Si la balle franchit la ligne, les arbitres en sont prévenus au maximum une seconde plus tard. Il y a cinq montres, dont une de secours. Sauf sabotage, il est quasiment impossible qu’elles plantent toutes en même temps.

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Pourquoi a-t-on cru que le ballon était entré dans les buts de Yohann Pelé ?

La réponse se trouve dans vos cours d’arts plastiques de 5e. Vous l’avez ? Oui, c’est ça, la perspective ! Et ça ne vient pas de nous, mais de Carlo Murinni, coordinateur du projet goal-line technology pour la France.

« Il faut prendre en compte les différences de perspective. Le système de replay de la GLT est pris en vue verticale, et se base sur le moment où le ballon est le plus proche de l’intérieur du but. Quand vous voyez l’action du milieu du terrain et depuis un autre angle, vous pouvez croire qu’il y a but, alors que si vous le voyez d’en haut, vous constatez qu’il n’est pas rentré. Ce n’est pas encore une donnée exacte, mais sur l’action de dimanche soir, le ballon est entré à environ 60 % dans les cages. Précision importante, le ralenti de la GLT se positionne en fonction des poteaux. C’est important car j’ai déjà vu en France des lignes blanches tracées avec imprécision ou des cages qui ne sont pas droites. Bien sûr, je ne dis pas que c’était le cas à Marseille, comme je n’y étais pas. »

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Cette technologie est-elle pour autant infaillible ?

NON ! « Il y a toujours une infime marge d’erreur », déclare Xavier Nicolau. Une marge qui va « seulement de cinq à dix millimètres », nous promet Carlo Murinni. Et ce dernier d’ajouter qu'« un but comme celui de la Coupe du Monde 2010 [celui de Franck Lampard contre l’Allemagne, injustement refusé, nlr] aurait été validé. La précision est l’essence même de cette technologie ».

En gros, il faut se lever très tôt pour tromper cette bonne vieille GLT, qui reste de toute façon plus fiable que l’homme. Sauf dans les jeux vidéo.

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Et puis n’oublions pas que la goal line technology fait l’objet d’énormes vérifications avant chaque début de saison, comme le précise Xavier Nicolau.

« Le protocole de test du système dure en moyenne cinq heures. C’est un test extrêmement méticuleux, où l’on pousse la GLT dans ses derniers retranchements. On jette des objets parasites de la même couleur que le ballon mais de dimension différente. Ensuite, on fait passer les ballons en slowmotion, et quand ça ne marche pas on reprend tout à zéro. Et puis c’est un programme labellisé par la FIFA. Le test doit être positif pour que la FIFA puisse délivrer une autorisation d’un an. A la fin de cette période, on effectue de nouveaux tests, et ainsi de suite. De mémoire, je peux vous garantir qu’on n’a rencontré aucun problème en France. »

Bref, y’avait pas but pour l’OL.