Barça-Bayern: Le sommet des «tacticologues», ceux qui voient le foot comme les échecs
FOOTBALL•La demi-finale de Ligue des champions entre les deux équipes associées au génie de Guardiola excite comme jamais les amoureux des palettes tactiques…Julien Laloye
L’écran d’ordinateur est impatient. Le clavier brille, tout juste nettoyé au jus de citron, une vieille astuce de grand-mère. Paint se dandine dans tous les sens. Le majeur et l’index sont dans les starts, prêts à jaillir plus vite qu’Usain Bolt. Les experts de la palette tactique font tout pour prévenir la surchauffe: Barcelone-Bayern Munich, Guardiola première version contre Pep 3.0, mercredi, ils savent qu’ils risquent d’en prendre plein les yeux.
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«Pep, c’est limite fatigant, avoue Florent Toniutti, créateur du blog chroniques tactiques, bien connu des amateurs. Il fait tellement de micro-ajustement dans son coaching que tu peux rater un truc important si tu décroches cinq minutes.» Pour être sûr de ne rien rater du 3-1-3-1-2 de Guardiola, justement, à moins que ce ne soit un 4-1-4-1, faisons simple, Victor Lefaucheux - premièretouche.com - verra ça depuis les hauteurs du Camp Nou, avant une deuxième session à la télé. «Pour moi c’est le match du siècle. Le meilleur entraîneur de l’histoire du foot face à son ancienne équipe. J’en attends beaucoup». Les deux hommes partageront ensuite leur analyse tactique sur Twitter, où ils s’écharperont avec @SeBlueLion, @rcosmidis, @footalitaire, et d’autres.
Enfin s’écharper, c’est exagéré. Entre ces héritiers de la palette à Doudouce, le journaliste de Canal + qui n’aurait certainement pas osé rêver d’une émission comme la Data Room il y a encore cinq ans, le débat est toujours courtois. «En gros, ll y a ceux qui ne jurent que par la Liga, et les pro-Premier League qui se moquent d’un championnat où on met des 8-0, résume Florent Toniutti. Mais on se rejoint sur l’essentiel». Le contraire serait bête, d’ailleurs. Les outils informatiques sont les mêmes pour tout le monde, venus du monde anglo-saxon (Opta, Prozone), où l’influence des statistiques a depuis longtemps permis de défricher un pan inexploré de l’analyse du sport de haut niveau.
« La récupération de balle du #Barca. Avec Busquets (0-56'). Sans Busquets (56'-90'). #BARCAPSG pic.twitter.com/phX3DKpCoT — Florent Toniutti (@flotoniutti) April 21, 2015 »
C’est d’ailleurs le reproche que l’on peut parfois faire aux «tacticologues»: intellectualiser la chose et donner la sensation de vouloir à tout prix expliquer une action, une décision, un résultat, par un choix tactique défini à l’avance. «Le foot, ça nous passionne parce qu’il y a de l’émotion, de l’impalpable, rétorque Victor Lefaucheux, ce n’est pas de la NBA avec des stats de partout. Mais j’ai la faiblesse de croire qu’en s’en tenant uniquement au terrain, on voit le plus important. A savoir comment une équipe veut jouer, et si elle y arrive. Pas besoin de savoir ce qui se passe dans les vestiaires».
« NOUVEAU #ViteLu Nantes 0-2 PSG : la paire Motta-Verratti à l'œuvre http://t.co/MNXT30yHTs #FCNPSG pic.twitter.com/Aa0hsv8n6h — Florent Toniutti (@flotoniutti) May 3, 2015 »
Elle peut aussi y arriver avant d’être plombée par un coup de génie ou un coup de Trafalgar, mais cette part de hasard, qui tient beaucoup au niveau individuel des joueurs, ne remet pas le modèle en cause, insiste Florent Toniutti. «On ne prétend pas avoir une vision d’ensemble, mais plutôt que de se demander si les joueurs ont lâché Bielsa à l’OM par exemple, il suffit de regarder les matchs. En théorie, Bielsa a le meilleur système de la planète et ne devrait pas perdre un match. Mais si les joueurs explosent dans les duels, cela ne tient plus.» Ils peuvent aussi exploser dans les duels parce qu’ils en ont marre de l’entraîneur. Dans ce cas-là, tout le monde est d’accord.



















