PSG-Chelsea : Pourquoi le match nul n’est pas une si mauvaise opération que ça
FOOTBALL•Les Parisiens peuvent y croire avant le retour malgré des statistiques défavorables…J.L.
Frustrant, rageant, enquiquinant, à se taper la tête (et de celle de Courtois) contre les murs. Paris a concédé le nul face à Chelsea en huitièmes de finale aller de La Ligue des champions (1-1) malgré une pluie d’occasion et une partition presque parfaite. De quoi penser que la qualification est déjà bien mal embarquée à trois semaines du retour à Stamford Bridge? 20 minutes vous dit pourquoi le PSG va passer quand même.
Parce que les statistiques ne sont pas si défavorables que ça
C’est José Mourinho qui l’avait dit le premier après le nul concédé par les Blues l’an passé à Galatasaray au même stade de la compétition. «1-1 à l’extérieur, c’est un score beaucoup plus dangereux qu’on le croit pour le retour», faisant référence à l’attitude à adopter pour une équipe en bonne position chez elle mais à la merci d’un petit but adverse qui changerait tout. Les statistiques disent pourtant le contraire, puisqu’elles ne donnent au PSG que 31% de chances de se qualifier à Londres le 11 mars.
Mais si l’on se base sur les confrontations de C1 entre 2009-2014 – Le Telegraph l’a fait ici - 46% des équipes ayant fait 1-1 à l’aller chez elles ont obtenu leur qualification. C’est proche des 40% de cas où le PSG s’est qualifié après avoir concédé le match nul à l’aller au Parc des Princes en Coupe d’Europe. Presque une chance sur deux.
Parce que les blessés vont revenir
Le scénario du match face à Caen et l’hécatombe de blessés parisiens avaient déséquilibré la donne avant le choc. Même si Mourinho s’est plaint «d’avoir joué avec 5 blessés sur le terrain», le PSG a préservé ses chances de voir les quarts de finale dans un contexte délicat. David Luiz a évolué au milieu pour la première fois de la saison, et Blanc n’a fait qu’un seul changement (Pastore) vu la pauvreté du banc. Cela ira mieux à Londres: L’Argentin aura eu le temps de retrouver le rythme et ainsi proposer une alternative en attaque, puisque Lucas sera a priori trop juste.
Thiago Motta, embêté par son mollet, devrait reprendre la semaine prochaine. Il aura trois matchs (Monaco en L1 et en Coupe, puis Lens) pour rebâtir une condition physique décente. Enfin Cabaye apportera une autre solution au milieu –notamment ses frappes de loin, une habitude face à Chelsea- si, comme prévu, ses adducteurs se remettent à temps.
Parce que PSG n’aura pas à réfléchir à la stratégie
La saison dernière, le PSG aurait pu se qualifier à Stamford Bridge. Il aurait dû, même, si l’on se fie aux statistiques (78% de chances après l’aller). Mais il avait subi les événements pendant 90 minutes, trop rassuré, peut-être, par ses deux buts d’avance, avant de craquer sur une occasion qui n’en était pas une à la 88e minute. Cette fois au moins, les Parisiens n’ont pas le choix. Ils devront attaquer pour marquer, ce qui pourrait leur simplifier la tâche, bien que l’explication ne convainque que moyennement Laurent Blanc.
«J'aurais préféré gagner 3-1, je vous le garantis, parce qu’on fait un meilleur match que l'année dernière. On a un peu de temps pour penser au match retour. Vu la qualité de Chelsea en contre, il faudra encore être très solide parce que je sais qu'on peut marquer partout en Europe, même si on ne l'avait pas fait l'année dernière à Stamford Bridge.» Les Blues, au contraire, pourraient être tentés d’adopter la même attitude qu’au Parc, où ils sont apparus bien inoffensifs en dehors du but heureux d’Ivanovic.
Parce que Chelsea n’est plus aussi souverain à domicile
«On aurait pu faire mieux, comme on a ouvert le score, mais ça reste à notre avantage. À Stamford Bridge, on est les plus forts. A nous de faire en sorte de s’y créer plus d’occasions que ce soir». Comme Eden Hazard, nombre de joueur des Blues pensent montrer un autre visage à domicile: pendant longtemps, le Chelsea de Mourinho a en effet été imbattable chez lui, en Premier League ou en Coupe d’Europe. L’entraîneur portugais est même le seul à être parvenu à s’imposer à Londres en Ligue des champions entre 2006 et 2014… l’année de son titre avec l’Inter Milan, en 2010.
Mais «The Special One » a fini par perdre son modjo la saison passée, défait en Angleterre par Sunderland, et en Coupe d’Europe à deux reprises par Bale en poules (1-2 et l’Atletico Madrid en demi-finale retour (1-3). Cette saison, Schalke 04, la meilleure équipe du groupe dominé par Chelsea à l’automne, est venu faire match nul à Stamford Bridge. Dit autrement, il y a la place pour le PSG,


















